L'intelligence artificielle est l'histoire artificielle de l'intelligence naturelle.

 "On ne peut pas accomplir grand-chose à main nue ou par l'intellect sans aide. Les tâches sont accomplies par des outils et des aides, et l'intellect en a autant besoin que la main."

Francis Bacon, The New Organon (1620)

#Ted est un bien ou un vivant ?

Ted

J'ai regardé ce film par hasard, parce qu'il n'y avait rien de bien intéressant à regarder et qu'au final peut-être je ne cherchais rien de spécial à regarder. 
C'est une comédie américaine, aussi débile qu'une comédie américaine peut l'être et donc tout va bien dans le meilleur des mondes possibles ; que pouvons-nous faire de plus mon cher Leibniz ?

Et puis quelques jours après on entend cette histoire sordide et pourtant banale, ordinaire presque et qui se résume dans l'affaire #aquarius .....

Ces gens dans ce bateaux sont-ils des biens ou des vivants ?
Voilà ma question et, puisque je ne suis qu'un philosophe, je n'ai que des questions et je cherche des réponses possibles.

J'entends les raisons des uns et des autres, et ces uns et autres ne sont pas différents de moi, moi qui vis dans un Pays de droit, loin des guerres, qui plus est loin de la misère car je prends ma voiture tous les jours pour aller au travail, j'ai un salaire confortable et je rentre dans mon Pays d'origine quand je veux et en avion .... donc voilà, j'entends ces fameuses raisons et puis j'ai honte.

J'ai honte parce déjà les fascistes, xénophobes sont au gouvernement dans ce Pays qui est le mien et même si je n'y vis plus, cela m'affecte ; je trouve insupportable et indigne que le fascisme revienne au pouvoir. 
Moi, j'y ai cru dans l'article de la Constitution qui interdisait la reconstitution du parti fasciste, de ses idées, de sa vision du monde ; #Salvini est un fasciste et ça ne sert à rien de lui chercher des excuses.
L'autre spécimen qui s'appelle #Grillo est un comique inculte, galvanisé et affecté mentalement donc ce n'est même pas intéressant de l'enfoncer, il est idiot, à part plaindre son sort, je ne vois pas.

Mais au de là de tout ça, j'en reviens à cette histoire, parce que je voudrais comprendre comment on fait quand on doit ramener ces gens, biens ??? à leur point de départ supposé d'origine = un Pays qui s'appelle la Libye. 

Si encore ils étaient libyens  ..... sauf qu'on en sait rien d'où ils viennent ; par contre on sait que leur dernier point de départ l'ont atteint après des milliers de km et que certes s'ils avaient été comme moi et vous, ils seraient venus ici en avion et avec un visa mais ce n'est pas le cas. Et ce n'est pas le cas car ils ont quitté des réalités impossibles dans l'espoir de réalités probables.... 

Les hommes et les pères de mon Pays ont été confrontés à la même contrainte après le fascisme ; ils ont été les migrants incultes et exploités, les ouvriers italiens des usines allemandes et françaises. 

C'est dommage de l'oublier ; c'est trahir son histoire, la nier, en avoir honte ; alors que ce dont on devrait avoir honte c'est le fait d'être devenus les bourreaux, sans éthique, sans morale, sans mémoire.





Le Kit du CypherPunk ou CryptoAnarchiste

CypherPunk - CryptoANarchiste
Le crypto-anarchisme – ou la crypto-anarchie – est une philosophie anarchiste et individualiste qui prône l’emploi de la cryptographie dans le but de renforcer le secret, l’intimité et la vie privée sur Internet. Les crypto-anarchistes ont pour objectif de créer des communautés virtuelles afin de protéger leur vie privée et leur liberté politique.

Les cypherpunks (mot-valise composé à partir des mots anglais cipher (chiffrement) et punk sur le modèle de cyberpunk) forment un groupe informel de personnes intéressées par la cryptographie. Leur objectif est d'assurer le respect de la vie privée par l'utilisation proactive de la cryptographie.


Création d'une clé privée

Outils : GnuPG, Tutorial
la création et le stockage de cette clé nécessite un environnement sécurisé !
Génération de la clé hors-ligne, stockage sur support chiffré et protection de la clé par mot de passe.


Accès au Web

Sécuriser l'accès : VPN, DNSCrypt


Configurer le navigateur
  • ne pas enregistrer les mots de passe, ne pas activer le javascript par défaut, ne pas envoyer de statistiques ou autres données d'utilisation.
  • Changer le moteur de recherche par défaut (ixquick, duckduckgo, qwant)

    Note au sujet des réseaux sociaux, webmails, forums, web 2.0 : quelque soit le besoin d'accéder à un site nécessitant l'activation du javascript (via noscript) vous prenez la responsabilité d'héberger un script qui peut avoir accès à énormement d'informations de votre environnement !

Vous pouvez maintenant vous familiariser avec ces outils. Naviguer sur le Web standard, chiffrer vos contenus et disparaitre dans le deepweb avec un minimum de sécurité.

Vous pouvez tester vos différentes configurations (avec VPN, sans VPN, VPN + Tor, etc) sur ce site :


Bonne découverte !


Ripetutamente le storie si ripetono, Gladio, Genova e poi i frigo dove non c'è niente e quando ti chiamano e per niente e che lavori per niente e che paghi per niente e che muori per niente ma poi in fin dei conti ti rendi conto che la tua vita non vale niente...
Eppoi c'è la rabbia contro la polizia e c'è la rabbia contro quelli che c'hanno la rabbia contro la polizia eppoi siamo tutti uguali, esseri miserabili e vigliacchi, ecco quello che siamo.
Esseri falsamente indipendenti che pensano che vanno a votare, che vivono pure e che rispettano gli altri ma in fin dei conti siamo solo merda vomitata a diverse riprese, si, è questo che siamo, è questo che vogliamo perchè è talmente più facile vomitare l'impotenza che assumere le responsabilità.
Eppoi io sono stanca, la verità vigliacca e ingrata si riduce a questo.
Sono stanca, talmente stanca che non traduco nemmeno perchè in fondo non me ne fotte niente se qualcuno leggerà queste parole, tanto non servono più a niente

Etre un étranger

Etre un étranger
Qu'est-ce que cela signifie ?
Cela signifie d'abord accepter de vivre ailleurs que chez soi.
Ça paraît évident et pourtant, ça ne l'est pas.
Car quand on va ailleurs, on se met dans et donc on assume la posture de l'invité (il y a une idée latente de sursis qui n'est pas négligeable) .
Puis on a envie de comprendre comment ça fonctionne et de quelle façon on peut faire en sorte que ça fonctionne pour nous aussi, en tant qu'étranger.
Certains appellent cela intégration, soit.
Etre un étranger signifie jongler à chaque instant ou presque entre la
nonchalance de ce qu'on est et le ce qu'on devrait être pour correspondre à un modèle dont les attributs sont assez souvent flous.
Qu'est-ce qui fait de moi un bon étranger ?
Ma couleur, ma nationalité d'origine, mon sexe, mon âge, un mix aléatoire de ces attributs ?
Puis où, dans quel contexte, en fonction de quelles priorités ?
Etre un étranger signifie avoir un devoir, un seul :
respecter les règles de ceux qui nous donnent hospitalité et se sentir libre de les analyser.
    

Follow the white rabbit.


Tu t'appelles Alice et tu cherches Bob

Tiens, prends ça et suis le lapin blanc !

C'est parti :
TOUS LES LIENS CI-DESSOUS SONT UNIQUEMENT ACCESSIBLES AVEC LE NAVIGATEUR TOR. IL EST DONC INUTILE DE CLIQUER DESSUS SI VOUS ÊTES SUR UN AUTRE NAVIGATEUR ! COPIEZ L'ADRESSE DE CETTE PAGE DANS VOTRE NAVIGATEUR TOR POUR L'UTILISER NORMALEMENT, SINON COPIEZ/COLLEZ LES URL DIRECTEMENT DANS VOTRE NAVIGATEUR TOR.
À partir de là vous y êtes, tout ce qui est dans le Web Caché - DeepWeb reste dans le Web Caché !
Ne vous connectez pas sur Tor pour aller sur vos réseaux sociaux, vos courriels ou autres systèmes du Web standard (clearWeb). N'échangez aucune information personnelle, contact, lieux, photo, etc.
Si vous échangez dans un cercle de connaissances, avec des amis que vous connaissez personnellement par exemple, utilisez le chiffrement.
Pourquoi le chiffrement ?
Parce que ça permet de :
  • garantir l'authenticité du message ET de la personne
  • garantir l'intégrité de vos échanges
  • garantir la confidentialité des contenus
Vous trouverez tous les outils à utiliser en en apprenant un peu plus sur Alice et Bob. Mais pour le moment suivez le lapin blanc et bonne découverte !

Envie

Désirer le désir de l'Autre signifie en dernière instance désirer que la valeur que je représente ou que je suis soit la valeur désirée par l'Autre.
Je veux qu'on me reconnaisse comme valeur absolue et autonome à la fois et je veux que cela corresponde à la valeur que l'Autre cherche.







https://drive.google.com/file/d/0B_xwDqM2JXL5SlRfamZBMkFHTTA/view?usp=sharing
https://drive.google.com/file/d/0B_xwDqM2JXL5UUJ0bzk4RGxYakE/view?usp=sharing

L'être-ensemble politique est un être-entre: entre des identités, entre des mondes

Il y a un monde seulement lorsqu'il y a un point archimédien où le tout se déterritorialise, se détotalise et à partir duquel une subjectivité peut se substantialiser, peut venir à être dans le mode du soubresaut, des coups portés à la constitution déterminée, à son organicité, aux relations avec d'autres altérités.
La subjectivité qui se fait et se produit ainsi dans le monde a donc besoin de cet univers chaotique où tous les phénomènes de décompression sont au même temps des dispositifs d'autopoiese sur lesquels l'on voit se réaffirmer à chaque fois tous les territoires existentiels et les univers de référence incorporels.
Avec cette chaosmose le sujet est capable de se libérer de la présence totalisante du Moi mimétique en se laissant traverser par des lignes de rupture, de déviation et de déterritorialisation, où la subjectivité advient comme une multiplicité de mondes et où seul peut se donner ce que l'on appelle la responsabilité de l'autre.
Il est alors typique des sociétés d'aujourd'hui de se poser d'une manière réactive à ces procédés de chaosmose pour effacer, à travers une bien déterminée organisation et fixation spatio-temporelle, le danger représenté pas ce chaos où la subjectivité s'affirme dans sa facticité propre, dans la finitude essentielle de son être qui ne laisse pas de priorité à l'identité historique douée d'un passé, d'un futur et définie par des qualités fonctionnelles et juridiques.
La chaosmose semble permettre l'avènement de la subjectivité sans qualité, comme du corps sans organes, du temps qu'est production, libéré des limites ordonnées du passé et de l'avenir; le temps comme existence ne peut qu'être vécu et à chaque fois, l'existence dans sa finitude et dans l'exposition absolue de l' à chaque fois, ne peut alors qu'être vécue, elle n'est plus dialectique, elle est "à peine vivable".
Dans cette optique, l'être n'est plus le référant ultime et premier à la fois, qui renvoie au même titre que les autres absolus à l'identification ordonnée et nommable à des modèles abstraits et globalisants; l'être est plutôt la manière d'être, les manières qu'à chaque fois font de l'être une existence, une production d'existence.
C'est ainsi que cette subjectivité qui à chaque fois produit sa manière d'être, sera toujours excédante, multiple et singulière, immanente à sa finitude; au même titre, la relation entre le moi et l'altérité n'est plus une donnée préétablie qui régit ainsi les agencements affectifs et sociaux, mais elle est produite au même temps que l'existence singulière se donne (on pourrait dire à-soi et pour-soi/autre).
Se réapproprier des mécanismes de production de la subjectivité signifie les soustraire à l'organisation rigide des catégories étatiques et économiques imposées par les structures d'ordre qui régissent de plus en plus l'existence et ses modes d'être. La nouvelle subjectivité demande à être en tant que création et devenir, en tant qu'existence à chaque fois, factuelle et fluide.
Au même titre il faut que le temps ne soit plus la scansion linéaire réglée par le profit pour le profit du capitalisme mondial et que l'espace publique et politique ne soit plus simplement réduit aux organisations de loisir et de travail.
La politique doit sortir de l'impasse constituée par la prédominance de l'élément étatisant et devenir point de rupture et possibilité libérée de production créative; production qui embrasse à la fois le social, l'esthétique, le culturel. Ligne de rupture, cadence qui interrompe et fait rythme, transversale et traversée à la fois.
Une telle possibilité pour l'être en tant que singularité est ouverte seulement à partir d'une autre possibilité, celle de la révolution mais révolution maintenant et tout d'abord des existences, des vécus, des rapports singuliers et collectifs des sujets entre eux et avec les événements; la révolution politique doit avoir pour corrélât celle éthique, là où le monde peut être éthique seulement en raison de son être peuplé par des sujets qui vivent et agissent, dont l'existence est factive et finie. Il s'agit alors de repenser la limite de l'humain, comme de l'être, une limite face à laquelle l'existence s'expose et se regarde en regardant comme un abîme de puissance, une exposition qui peut dévoiler aussi l'horreur mais qui ouvre à l'homme la finitude immanente de son être.
Ce qui s'ouvre est l'événement qui montre l'essence dynamique et productive de l'être en tant que puissance désirante; une réalité de la puissance qui se présente comme critique radicale de toute vision du monde encadrée dans une pensée de la crise irrésoluble et de l'impuissance tragique de l'être et de l'action; les singularités qui constituent la puissance de la multitude, du monde en tant que multiplicité à chaque fois produite, peuvent offrir la possibilité pour la pensée et la pratique d'une nouvelle lutte révolutionnaire, possibilité qui est donnée en tant que circulation du sens commun des différences, dans l'espace-temps du communautaire comme co-existence des singularités, défi absolu à l'événement qui dévoile l'être stagnant de l'individualisation pliée sur elle-même.
Si la nouvelle subjectivité se donne comme plurielle, essence de la multitude, c'est parce que l'être n'est plus considéré comme un état, comme un fondement originaire identique à lui-même et immuable, mais parce qu'il est un avoir lieu, un 'est' qui advient à chaque fois, un événement qui se produit dans l'agencement de l'activité et de la passivité de la singularité qui se fait en tant que action et passion, désir de production de l'espace communautaire de l'avec.
L'homme qui est existence du et dans l'avec-autres est alors le monde, l'être monde ou le devenir monde, qui se découvre toujours et comme par nécessité sur le seuil de l'exposition à son essence finie; la pensée qui s'expose et se produit aussi dans ce devenir monde du sujet devient pensée de la limite et de la liberté, mieux, pensée de la liberté en tant que limite du 'soi', pensée-limite.
Le sujet qui pense, pense et expérimente ici politiquement la limite de son existence qui est finie car elle est à faire à chaque fois, à chaque fois comme le devenir monde et l'avenir au monde, à chaque fois comme le demande l'essence factuelle de cette subjectivité.
La politique doit alors ouvrir l'espace de la liberté en tant qu'espace du partage de la finitude de l'être, de l'être entendu comme être-en-commun; il s'agit d'une pensée de la liberté qui ne se réfère plus à une origine juridique et à une pratique légale de garanties offertes par l'institution de la loi; elle doit se poser comme dimensionnalité spatio-temporelle de l'ouverture de l'être des singularités qui ont besoin de décider à chaque fois de et comment être.
Exposition, destination à l'avenir, au venir à être de la singularité qui se partage dans l'être-en-commun, dans ce sens la politique devient l'ouverture au 'en', la possibilité de vie, d'écriture, d'action qui se produit comme 'entre', mais un être-en qui est à chaque fois comme la limite, à chaque fois commencement et fin.
La singularité semble constituer le défi aux disciplinarisations du pouvoir, la limite des structures de subjectivation qui n'ont plus maintenant à faire à des sujets individualisés et totalisables.
La singularité plurielle fait du sens en exposant la valeur absolue de son essence en tant que 'nous', c'est ainsi qu'elle devient le monde, ce monde est la valeur exposée dans la co-existence collective des êtres singuliers qui produisent le sens oublié du 'nous'.
"'Nous dit - et nous disons' l'unique événement dont l'unicité et l'unité consistent dans la multiplicité" .
Il semble de pouvoir dire que l'être du communautaire se donne dans l'avec des existences qui se présentent comme leur propre dehors, dans l'extériorité absolue qui met en commun le plus intime, l'intériorité du singulier. Dans cet être-en-commun, les singularités s'exposent dans la finitude de leur essence, la communauté devient communication qui circule et se partage dans l'entre de l'entre toi et moi, ce qui se montre est une communion comme exposition les unes aux autres des singularités; une telle communion prend alors la place du mythe totalisant de la communauté, il n'y a ici plus d'espace pour une histoire qui fonde l'individu dans la communauté, pour elle et à partir d'elle.
Les singularités s'exposent et viennent les unes aux autres, elles s'appellent et se perdent, ici est le sens politique du communautaire dans sa signification pré-originaire qui efface le mythe; le mythe est écarté et l'exposition devient réellement lacération, partage absolu et à chaque fois ultime de l'être face à la mort, seule possibilité pour produire l'être comme finitude; la certitude de la fin et de l'existence comme finie permet de paraître face à l'autre dans une extériorité absolue, extériorité originaire qui dévoile, dans la mort d'autrui, l'expérience de l'excès sans retour.
La mort devient l'exposition à sa propre finitude mais, au même temps, à la possibilité unique de se mettre en commun, en mettant en commun exactement ce que ne peut pas être mis en commun, la mort, la limite de l'existence en tant que dépassement déjà de la limite même.
L'être en commun comme essence de la singularité est un être affecté par une sorte de dehors qui reste toutefois inappropriable, il est le non lieu de l'être qui se dispose à sa lacération dans le partage et la comparution à soi et à autrui.
Si le fondement ontologique de la singularité est dans son être désir et raison productifs, lorsqu'elle se produit en tant que partage et comparution dans l'espace communautaire, elle se donne nécessairement en tant qu'éthique, éthique de l'exposition et de la participation au commun; seulement lorsque ce désir n'est plus désir de l'autre devant lequel le sujet s'expose et participe de son exposition dans la création du monde mais devient désir en tant que mythe de pouvoir et de domination de l'autre, alors l'ontologie féroce de l'être qui manque de l'objet absolu, manque absolument d'une éthique et se transforme en assujettissement et massacre.
L'entre met en relation l'écart, la différence, fait parler et donne un espace aux restes, il est l'écartement non seulement externe mais aussi interne, écart dans l'intimité de chaque singularité, écart qui fait de la place à la création du commun et au devenir toujours et à chaque fois le monde.
Nancy nous suggère que la nouvelle ontologie, qui est aussi une ontologie politique, doit recommencer par l'être qui se donne en tant que exposé dans l'avec, en tel sens il transmute le Dasein heideggerien en affirmant qu'il n'est autre que déjà l'être-avec, le déjà révélé qui présente l'on de l'on parle, du ça parle, là où l'on ne sous-entend plus que l'être parle, mais qu'il est parlé, alors l'on est toujours et déjà le nous de l'être-en-commun.
Giorgio Agamben semble aller dans la même direction lorsqu'il affirme que l'être est dit, l'avec de l'être n'est pas un attribut, une qualité supplémentaire d'une substance qui est déjà par elle-même pleine, mais il est le contenu essentiel de l'être en tant qu'existence; l'être ne peut se donner que comme singularité plurielle, il ne peut être dit ni agir que dans le réel et comme 'avec' de l'action, de la pensée communautaires.
"L'essere detto - la proprietà che fonda tutte le possibili appartenenze....- é, infatti, anche ciò che può revocarle tutte radicalmente in questione. Esso è il Più che Commune, che recide ogni comunità reale" .
L'être singulier-pluriel est l'ouverture au devenir de ce qu'auparavant était emprisonné dans la spatialité atemporelle de l'identique à soi, de l'être qui cherche l'autre pour en créer ou en détruire l'existence et ainsi se produire sa propre image.
En ce sens l'essence de l'être est le coup, le choc, l'accès, l'événement en tant que puissance qui s'explique à partir de son être singularité donc
action et passion de l'agir qui se donne dans l'espace collectif de l'avec, là où les sujets sont vivants dans l'agencement de la production du réel à travers une temporalité qui fait de l'un une partie coessentielle et autre du tout entendu comme multiplicité.
L'être-avec fait événement, il est le venir à être de la subjectivité comme collectivité de l'être qui est coexistence et qui se dit nous; la singularité dit nous à chaque fois là où aucun dieu, aucun pouvoir, peut le dire à sa place parce que ce nous est le fondement de son être et la seule possibilité pour une nouvelle action révolutionnaire.
Dans la constitution de l'espace en commun, il ne s'agit pas de repartir de l'être pour arriver à la configuration d'une communauté de l'être les uns avec les autres; il ne s'agit pas de partager le pouvoir et d'en participer proportionnellement; ici l'essence multiple et communautaire de l'être est originaire par rapport à toute construction politique, sociale ou éthique, elle est la possibilité tout cour pour le sujet d'être activement et politiquement en tant qu'existence finie et immanente.
L'être avec est curiosité de l'être qui s'expose à chaque fois à soi et au monde, curiosité qui se joue dans l'avec et dans l'écart de la mise-en-commun; c'est ainsi que l'espace politique devient l'espace ouvert à ce reste que, avec Agamben, l'on pourrait appeler la forme-vie ou la vie-nue, la puissance absolue de l'être homme, du devenir homme qui met en question toujours et déjà la possibilité même de vivre.
La nouvelle subjectivité a besoin à chaque fois de décider sur l'existence, de décider d'exister, d'en choisir le comment.
"La domanda sulla possibilità di una politica non statuale ha quindi necessariamente la forma: è possibile oggi, si dà oggi qualche cosa come una forma-di-vita per la quale, nel suo vivere, ne vada del vivere stesso, una vita della potenza?" .
La forme-de-vie semble exclure le procédures d'individualisation et de subjectivation des mécanismes de pouvoir étatique et semble rendre au sujet la possibilité d'exister en tant que devenir factuel, comme puissance finie qui met à chaque fois en question l'existence en tant que défi, pari sur l'ouverture de la vie; la vie devient alors production multiple d'agencements singuliers et d'événements absolus qui se font à chaque fois et ainsi existent.
Nancy nous dit comment l'existence a besoin d'être toujours une décision d'exister comme de ne pas exister, une décision sur la possibilité en tant que liberté finie de l'être; l'existence doit se configurer comme pure puissance et volonté qui choisit à chaque instant sur l'être et sur son être en tant que singularité.
Un tel pouvoir de l'existant qui décide d'être, exclue la nécessité de la conformation à l'image de l'identique proposée et renvoyée par le pouvoir qui se soucie de la vie et de ses modes; le nous du communautaire n'est jamais une abstraction généralisante légitimée par le mythe ou par la morale, il est par nécessité le lieu où, à travers l'énonciation du nous, est donnée à chacun la possibilité de dire aussi et au même temps, je; le nous est donc la production communautaire et
singulière d'un agencement où il n'y a aucune surcodification abstraite de l'individu, les différences sont toujours là et fondent le sens de la mise en commun où l'écart entre le moi et l'autre et le temps de production, fini mais jamais fermé, ouvre le temps de l'à chaque fois où la singularité accède et excède.
Le nous montre l'être en tant que acte, pratique qui se produit dans le temps de l'événement, comme temporalité qui advient et qui affecte politiquement le réel. Il ne s'agit pas de confondre le nous avec un concept, ni avec une Idée, il est action et passion, il compare comme pratique active, il part toujours de l'exposition réelle de chaque sujet qui se découvre dans le entre, qui découvre le je dans le nous.
En ce sens le nous advient toujours et à chaque fois comme une origine, originairement; au même temps lorsque l'exposition est privée de la comparution des singularités les unes aux autres, elle devient l'exposition violente d'une valeur de l'humain et de la communauté qui se veulent comme absolus sacrés; il s'agit, par exemple, de l'abstraction du nous qui devient, dans l'énonciation universelle des droits de l'homme, la surcodification de l'humain à travers son aliénation dans l'universel; il est énoncé ainsi une valeur absolue sans mesure et sans prix qui réponde à l'indifférenciation des sujets sacrifiables représentés par le peuple et la nation.
Il y a là toute la violence du pouvoir qui s'approprie de toutes les singularités que ne rentrent pas dans son image du monde, qui représentent les restes mis à l'écart, exclus du système territoire-droit-nation; pour le pouvoir il s'agit de recouvrir les existences exclues avec ses moyens de disciplinarisation ou de négation; il s'agit de renvoyer au-delà des frontières ou d'enfermer dans l'attente. C'est ainsi que les formes de vie ouvrent les portes des camps modernes, là où l'existence est suspendue, elle attend, privée de la possibilité de décider, privée de la décision sur le comment de son venir à être.
Alors la nouvelle subjectivité doit être entendue comme le devenir monde qui se produit à chaque dans la décision d'être, de s'exposer face à cette existence dont il en va de l'être même et il en va précisément en fonction de la création d'un espace entre, où l'avec et le nous peuvent se donner.
Le nous ouvre l'espace du communautaire où la singularité plurielle est appelée à faire renaître la politique, une communauté qui fait politique car elle met en commun l'écart, donne parole aux restes, expose finalement à chaque fois le monde.
"Une communauté de mondes de communauté qui sont des intervalles de subjectivation: intervalles construits entre des identités, entre des lieux et des places. L'être-ensemble politique est un être-entre: entre des identités, entre des mondes" .

Hackers, pirates, cyberpunks : la résistance du web



Quand on dit grand acteur du web, on pense à Google, Microsoft, Apple, ces grandes multinationales qui façonnent presque à elles seules tout l'espace numérique. Mais c'est sans compter sur une autre partie, plus sous-terraine, mais bien réelle : les hackers, pirates et cyberpunks.





L'avènement des nouvelles technologies dans les années 1970, la démocratisation du micro-ordinateur, l'accès à une information toujours plus large, ont permis l'émergence d'une autre culture de masse. Cet essor a engendré l'accès à de nouveaux savoirs, à une pluralité d'informations. Cependant la quasi-totalité de la toile étant gérée par quelques multinationales surpuissantes, il existe une frange qui se détache de cette information, la considérant comme tronquée. Cette faction revendique ainsi un véritable monde numérique, sans aucune frontière. Fonctionnant avec ses propres codes, ces personnes ont décidé d'œuvrer en faveur de la vérité, de l'information, usant parfois de moyens controversés. Hackerscyberpunkspirates, la résistance du web est arrivée il y a maintenant une vingtaine d'années et n'a cessé de s'imposer.
Ou comment des personnes alors insignifiantes, bousculent les codes de la toile et se sont imposées en quelques années comme des acteurs à part entière du web.

Qu'est ce qu'un hacker?



Hacker : nom masculin 
(de l'anglais to hack into, entrer par effraction)
Personne qui, par jeu, goût du défi ou souci de notoriété, cherche à contourner les protections d'un logiciel, à s'introduire frauduleusement dans un système ou un réseau informatique. (Recommandation officielle : fouineur.)



Voici la définition qu'on peut trouver dans le Larousse édition 2009. 
Un hacker serait donc selon le dictionnaire un fouineur. Une personne peu scrupuleuse dont le but est de s'introduire par effraction dans un système informatique, qui sait, peut-être même le votre!
Cette définition reflète particulièrement bien l'amalgame fait aujourd'hui entre les hackers, les cybercriminels et les pirates informatiques.
Dans sa signification relayée par les mass médias auprès du grand public, le terme fait surtout référence aux "black hats" ou chapeaux noirs.
Ce sont des hackers qui pénètrent par effraction dans des systèmes ou des réseaux avec un objectif personnel, souvent un gain financier.
Aux antipodes se trouvent les "white hats", chapeaux blancs: ils pénètrent par effraction dans des systèmes ou des réseaux dans l'objectif d'aider les propriétaires du système à mieux le sécuriser. Mais ces deux définitions restent assez simplistes.




Le Hacker Space Festival 2009

A l'origine, hacker est un mot anglais signifiant bidouilleur, bricoleur. Il est aussi utilisé pour désigner des programmeurs doués en informatique. Mais par extension ce mot caractérise les personnes capables de transformer, détourner une technologie, un objet ou un programme pour lui faire faire autre chose que ce qui était initialement prévu. Le hacker se caractérise donc essentiellement par le détournement d'objet.
Il va utiliser toutes les nouvelles technologies dont il dispose afin d'explorer les confins de la machine, le plus souvent son ordinateur, qui va ensuite devenir son outil de travail une fois la phase exploratoire achevée.


Aux origines du hacker : le phreaker



Mais retraçons brièvement les origines de ce personnage du web. Le phreaker est au hacker ce que le vinyle est au CD : son ancêtre. Le phreaker désigne celui qui piratait les lignes téléphoniques. Ce mouvement émerge dans les années 1960 aux Etats-Unis.
Et ce que l'on considère aujourd'hui comme le premier cas de hacking est en fait du phreaking. Il reste particulièrement révélateur de l'impact que peut avoir un objet détourné.


John Draper (DR)

C'est John Draper, mieux connu sous le nom de Cap'n Crunch qui vient des céréales Captain Crunch, qui a laissé son nom dans l'histoire du hacking et du phreaking. Dans sa boîte de céréales John Draper va découvrir que le simple sifflet cadeau destiné aux enfants reproduit la tonalité des lignes de téléphone de la compagnie Bell pour les appels longues distances.
Il s'en servira pour passer des appels gratuitement.
Un article publié en 1971 va révéler au grand public le phreaking. Cette pratique va alors prendre une tournure tout autre, jusqu'à son extinction, les autorités étant désormais avisées, elles vont mettre en place des mesures répressives. 
John Draper sera démasqué en 1976 et condamné à deux mois d'emprisonnement. Mais le cas reste intéressant puisque pour la première fois les autorités se sont trouvées face à un homme dont l'arme n'était qu'un jouet pour enfant.
Il faut surtout s'attarder sur l'évolution du micro-ordinateurs pour comprendre l'émergence des hackers.
Avant l’existence d'outils peu encombrants et simples, seuls les membres d’institutions de recherche universitaire et militaire avaient accès aux réseaux informatiques via les super-ordinateurs.


Les premiers micro-ordinateurs en 1975 (Sipa)

Mais l'apparition de micro-ordinateurs destinés aux particuliers va changer la donne. Les réseaux, et donc les informations, deviennent dès lors accessibles à un nombre plus grand d'individus, qui proviennent le plus souvent du milieu universitaire. Ils vont alors utiliser ce canal pour échanger leurs connaissances et les résultats de leurs recherches. On entre dans une quête de nouveau savoir et de propagation, élément central à la culture universitaire qui se retrouve aussi au cœur de la culture hacker.
L'avènement du numérique, des nouvelles technologies va accélérer les cas de hackages. Toujours plus célèbres et plus impressionnants. Certains souhaitant simplement passer à la postérité d'autres ayant une finalité engagée voire politique. Souvent on est dans une dénonciation du secret d'Etat, d'une main-mise de quelques uns, riches et puissants, sur l'ensemble des gens.


Le hacker, un cyberpunk?



Cette dénonciation du pouvoir ressemble étrangement à un personnage de la science-fictionle cyberpunk. 
A l'inverse du hacker, ce n'est pas une personne réelle. C'est originellement un personnage d'un sous genre de la science-fiction apparu dans les années 1980.
Il est une figure emblématique de toute une génération, en quête du savoir, avide de rétablir une certaine justice. En ce sens le hacker est souvent assimilé au cyberpunk. 


Neo, dans "Matrix",
illustration du cyberpunk (Sipa)

Si on ne devait parler que d'une personne pour représenter le cyberpunk, qui serait compréhensible d'un large public on citerait Neo. Ce personnage de "Matrix" incarné par Keanu Reeves est une des meilleures expressions cinématographiques de cette mythologie.
Dans un futur proche (si proche que l'on pourrait presque s'y projeter), la société est désormais régie par les machines et l'univers se partage en deux : les puissants, peu nombreux, qui asservissent l'humanité, toujours plus pauvre et plus soumise. Dans ce monde envahi par les nouvelles technologies, un jeune informaticien est en quête d'une vérité : qu'est ce que la matrice? Il va alors découvrir qu'il vit dans un monde complètement irréel et n'aura cesse de vouloir rendre la liberté aux opprimés. Ce film représente le combat typique du cyberpunk.



Origine du cyberpunk



Le genre cyberpunk, apparu dans les années 1980, a complètement rompu avec les schémas traditionnels de la science-fiction. Habituellement placée dans des perspectives lointaines dans le temps comme l'espace, le lecteur s'identifie difficilement à la science-fiction de l'époque.
En revanche le courant cyberpunk se veut réaliste. L'action se situe toujours dans un futur proche et sur Terre. Les personnages sont dans un univers désorganisé, régi par des corporations de plus en plus puissantes. Le héros se retrouve alors dans une zone d'incertitude et fait son possible pour se débrouiller, survivre et rétablir une vérité qu'il se doit de répandre.
En ce sens le cyberpunk, certes dans un univers noir et pessimiste, est finalement un personnage optimiste par sa volonté de faire changer les choses. Il n'est pas dans l'acceptation d'un ordre établi. C'est en quelque sorte le super héros des temps modernes.
Politiquement on pourrait classer le cyberpunk dans le courant anarchiste, à l'image de certains hackers. Notamment en raison de son opposition à l'organisation des pouvoirs généralement répartis entre quelques corporations qui usent de pratiques amorales au détriment de l'ensemble des citoyens. Le cyberpunk va dénoncer et combattre cette main mise.


Le néologisme cyberpunk



Le néologisme cyberpunk contient deux racines. La première est grecque : cyber, qui vient du grec kubérnètès , signifiant l'art de gouverner, de diriger. Le choix de cyber, au-delà de sa racine grecque fait également allusion à l'espace cybernétique, science étudiant les mécanismes de contrôle et de communication chez les machines mais aussi chez les êtres vivants. La deuxième racine est anglaise : punk, tout simplement issu du mouvement éponyme, caractérisé par une jeunesse décadente (du moins pour l'époque) et dont le célèbre leitmotiv « No future » a fait le tour du monde.
Le cyberpunk serait donc une sorte de voyou de l'espace cybernétique.


William Gibson, Neuromancer (Sipa et DR)

Quant à la popularisation du terme il faut remonter trente ans en arrière.
Le mot en lui-même est apparu pour la première fois comme titre d'une nouvelle de Bruce Bethke écrite en 1980 et éditée en novembre 1983 dans Amazing Science Fiction Stories. Mais c'est le critique Gardner Dozois du Washington Post qui vulgarisera le terme en 1984 dans un article. 
Il va l'utiliser pour qualifier le style de l'oeuvre d'un certain William Gibson : "Neuromancien".


L'insurrection numérique?



Le hacker s'inscrit donc dans cette lutte philosophique voire politique aux moyens d'outils légaux mais aussi illégaux.
Un des exemples marquant à ce jour reste celui des Anonymous. Groupe de web-activistes, aux méthodes parfois contestées, sans pour autant tomber dans l'illégalité, ils militent pour la totale liberté d'expression sur internet. 



Manifestation des Anonymous contre
l'Eglise de scientologie en 2008 (Sipa)

A l'origine des Anonymous, on trouve des forums, totalement anonymisés, où toutes les discussions, quelles qu'elles soient, ont droit de cité. Ces forums ont été au cœur des plus vives polémiques, car aux côtés d'internautes en lutte pour l'accès libre et sans limite à l'information, se trouvent des réseaux pédophiles, racistes…
Cependant il semble que ces forums restent minoritaires et que les Anonymous bataillent fermement pour évincer ces groupuscules des plates-formes.
Mais c'est en 2008 qu'ils se sont fait connaître du grand public en partant en guerre contre l'Eglise de scientologie. Certes anonymes mais particulièrement bien organisés, ils ont réussi à mettre en place des dizaines de manifestations simultanées regroupant plusieurs centaines de personnes, dans le monde entier. Vêtus de masque ils défilaient généralement devant les établissements scientologues. Ils ont également réussi à pirater de nombreux sites de la secte en usant du savoir-faire de leurs membres, hackers pour la plupart.
Plus récemment les Anonymous ont mis en place avec les membres de The pirate bay "Anonymous Iran", un mouvement d'opposition au régime iranien après la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. 


Les pirates




Le Jihad d'Hakim Bey

Le pirate en informatique est une personne commettant des délits ou des crimes dont l'objet ou l'arme est lié à l'informatique. Mais il faut aussi y voir l'origine des mots grecs peirâtes, lui même dérivé du verbe peiraô signifiant "s'efforcer de", "essayer de", "tenter sa chance à l'aventure" et du latin pirata : celui qui tente la fortune, qui entreprend. 
Il ne faut donc pas forcément voir les pirates informatiques comme des pirates mercenaires et pilleurs, mais comme des personnes qui ont un objectif, en général le partage de fichiers libres, l'accès à la culture pour tous et qui mettent en oeuvre tous les moyens pour atteindre leurs objectifs. Qu'ils soient légaux ou illégaux.



C'est dans ce cadre là que vont s'inscrire les membres de The pirate bay (TPB).
Aujourd'hui collectif de pirates auto-proclamés le plus connu, ils ont régulièrement défrayé l'actualité.
Plus gros sites permettant l'échange de fichiers torrents, cette plateforme, lancée le 21 novembre 2003, est basée en Suède.
TPB est régulièrement au coeur de l'actualité car il représente aujourd'hui la résistance active contre les grosses compagnies, les majors et prône une réforme des droits d'auteurs.
Il se revendique comme plus grand référenceur au monde de fichiers torrent. C'est à dire de fichiers à télécharger, gratuitement, de films et de musique le plus souvent. Mais la plupart du temps ces fichiers étant des copies illégales, ces pratiques, interdites dans plusieurs pays, restent mal vues. Mais la nature des fichiers rend difficile la détermination d'un acte illégal ou non.



Mais le pirate par excellence qui a initié un courant et influencé toute la culture underground est le mythique Hakim Bey.
Hakim Bey, Mr le juge en turc, de son vrai nom Peter Lamborn Wilson est un essayiste, écrivain américain, né en 1945. Fuyant aujourd'hui les médias, les outils informatiques (il refuse d'avoir un accès internet) il est à l'origine des Zones d'autonomie temporaire(TAZ).

C'est d'ailleurs avec ce livre éponyme qu'il va entrer dans la légende. Hakim Bey ne prétend pas avoir inventé les TAZ, mais simplement avoir mis un nom sur quelque chose qui existait déjà.
Aujourd'hui on estime que son oeuvre a influencé tout un courant de la cyberculture, mais aussi du milieu underground. Pape des rave party, des anarchistes, des insurgés contre l'ordre établi, il fait figure de référence dans tout un milieu.


Et la finalité dans tout ça?



L'objectif du hacker n'est pas en premier lieu l'illégalité même si la barrière est vite franchie. Il s'agirait plus de dépasser les limites, que ce soient celles imposées par la société ou celles que l'on se pose soi-même pour diverses raisons.
La communauté du hacker va se définir en grande partie par sa consommation massive de technologies informatiques et de télécommunications. Dans ce domaine il aime particulièrement tout ce qui concerne la téléphonie mobile, le GSM, qu'il aime à pirater afin de jouir de moyens de communications sans entrave.
Mais la question que l'on se pose tous finalement et que l'on a envie de poser aux hackers : « Pourquoi faites vous tout ça? ».
La réponse type : "Because we can" ("Parce qu'on peut"). Certains expliqueront à titre de comparaison qu'on ne se demande jamais pourquoi est ce qu'un musicien a une passion pour la musique. C'est juste qu'il aime ça.
Mais au-delà de voir jusqu'où l'on est capable d'aller, de détourner un objet, il y a derrière cela un objectif philosophique, engagé, voire politique.
Ainsi que l'explique Philippe Langlois, du Tmp/Lab, organisateur du premier Hacker space festival en France, le hacker a une responsabilité : redonner ce qu'il a pris, appris (connaissances, cultures, savoirs) à un moment donné. C'est une culture du partage, "une société civile au niveau informatique".
Les hackers ont cette responsabilité de "ne pas laisser que du foin", et l'impact est "monstrueux" quand les hackers se regroupent entre eux.
Plusieurs "hacker space" existent. Un France on a même une Hackademy pour apprendre comment devenir un hacker.
Mais aujourd'hui la référence reste le Chaos computer club, organisation la plus influente d'Europe de hackers, allemande.


Des participants des conférences des Black hat
et de la Defcon à Las Vegas,
vus à travers le logo des Black hat (Sipa)

Autre rassemblement, cette fois-ci mondial et référence dans le domaine de l'hacktivisme: la defcon. Pour résumer ce qu'est la defcon, on pourrait reprendre les termes d'un de ses participants " La defcon tient de la convention Star Trek et d'un concert des Sex pistols"...
Ainsi les hackers se rassemblent volontiers, dans le but de partager leurs idées mais aussi de mieux atteindre leurs objectifs. Conscients que ce n'est pas en restant centrés sur soi qu'ils avanceront, ils sont très souvent partisans de l'action collective.



 Quel avenir pour hackers et pirates?



Récemment, The pirate bay a été une fois de plus au coeur de l'actualité mais pour son rachat cette fois-ci. Un géant suédois aurait proposé de racheté la plate-forme pour 5,5 millions d'euros, mais à condition de n'avoir plus que des activités légales. Affaire à suivre.
Néanmoins, aujourd'hui ils sont de plus en plus présents dans la société civile et commencent à être reconnus.


Christian Engstrom du Parti pirate en Suède (Sipa)

A titre d'exemple l'entrée de Christian Engstrom du Parti des pirates, suédois ( ça ne vous rappelle rien?), au Parlement européen.
Pourtant de plus en plus de lois apparaissent autour de l'espace numérique et d'internet.
Mais l'évolution des hackers semble paradoxalement facilitée par les lois restrictives. Même si cela n'a pas toujours été le cas.
Les lois préventives et répressives ont désormais tendance à encourager les hackers à accélérer leurs recherches pour contourner les barrières. Benjamin Henrion, président de la FFII (La fondation pour une infrastructure informationnelle libre) explique justement que des lois comme Hadopi 2 vont encourager les hackers à trouver d'autres procédés pour télécharger, regarder des films ou écouter de la musique. L'objectif n'est pas tant la recherche ultime de la gratuité mais plutôt du partage, de l'accès à une connaissance, une culture pour tous.



Le débat reste encore ouvert concernant les actions et moyens de cette résistance du web. Souvent à la limite de la légalité ou illégales, ces actions ont du mal à être endiguées ou même réprimées, la loi restant encore assez floue.

Il reste néanmoins certains que toute cette subculture a émergé, devenant une culture à part entière, et dont les fruits ont porté, que ce soit au niveau informatique : Linux, Open office ou politique: the Anonymous et l'Eglise de scientologie ou le parti des pirates en Suède.


 Source - Beril Balkan :
http://tempsreel.nouvelobs.com/les-internets/20090727.OBS5575/hackers-pirates-cyberpunks-la-resistance-du-web.html