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Hackers, pirates, cyberpunks : la résistance du web



Quand on dit grand acteur du web, on pense à Google, Microsoft, Apple, ces grandes multinationales qui façonnent presque à elles seules tout l'espace numérique. Mais c'est sans compter sur une autre partie, plus sous-terraine, mais bien réelle : les hackers, pirates et cyberpunks.





L'avènement des nouvelles technologies dans les années 1970, la démocratisation du micro-ordinateur, l'accès à une information toujours plus large, ont permis l'émergence d'une autre culture de masse. Cet essor a engendré l'accès à de nouveaux savoirs, à une pluralité d'informations. Cependant la quasi-totalité de la toile étant gérée par quelques multinationales surpuissantes, il existe une frange qui se détache de cette information, la considérant comme tronquée. Cette faction revendique ainsi un véritable monde numérique, sans aucune frontière. Fonctionnant avec ses propres codes, ces personnes ont décidé d'œuvrer en faveur de la vérité, de l'information, usant parfois de moyens controversés. Hackerscyberpunkspirates, la résistance du web est arrivée il y a maintenant une vingtaine d'années et n'a cessé de s'imposer.
Ou comment des personnes alors insignifiantes, bousculent les codes de la toile et se sont imposées en quelques années comme des acteurs à part entière du web.

Qu'est ce qu'un hacker?



Hacker : nom masculin 
(de l'anglais to hack into, entrer par effraction)
Personne qui, par jeu, goût du défi ou souci de notoriété, cherche à contourner les protections d'un logiciel, à s'introduire frauduleusement dans un système ou un réseau informatique. (Recommandation officielle : fouineur.)



Voici la définition qu'on peut trouver dans le Larousse édition 2009. 
Un hacker serait donc selon le dictionnaire un fouineur. Une personne peu scrupuleuse dont le but est de s'introduire par effraction dans un système informatique, qui sait, peut-être même le votre!
Cette définition reflète particulièrement bien l'amalgame fait aujourd'hui entre les hackers, les cybercriminels et les pirates informatiques.
Dans sa signification relayée par les mass médias auprès du grand public, le terme fait surtout référence aux "black hats" ou chapeaux noirs.
Ce sont des hackers qui pénètrent par effraction dans des systèmes ou des réseaux avec un objectif personnel, souvent un gain financier.
Aux antipodes se trouvent les "white hats", chapeaux blancs: ils pénètrent par effraction dans des systèmes ou des réseaux dans l'objectif d'aider les propriétaires du système à mieux le sécuriser. Mais ces deux définitions restent assez simplistes.




Le Hacker Space Festival 2009

A l'origine, hacker est un mot anglais signifiant bidouilleur, bricoleur. Il est aussi utilisé pour désigner des programmeurs doués en informatique. Mais par extension ce mot caractérise les personnes capables de transformer, détourner une technologie, un objet ou un programme pour lui faire faire autre chose que ce qui était initialement prévu. Le hacker se caractérise donc essentiellement par le détournement d'objet.
Il va utiliser toutes les nouvelles technologies dont il dispose afin d'explorer les confins de la machine, le plus souvent son ordinateur, qui va ensuite devenir son outil de travail une fois la phase exploratoire achevée.


Aux origines du hacker : le phreaker



Mais retraçons brièvement les origines de ce personnage du web. Le phreaker est au hacker ce que le vinyle est au CD : son ancêtre. Le phreaker désigne celui qui piratait les lignes téléphoniques. Ce mouvement émerge dans les années 1960 aux Etats-Unis.
Et ce que l'on considère aujourd'hui comme le premier cas de hacking est en fait du phreaking. Il reste particulièrement révélateur de l'impact que peut avoir un objet détourné.


John Draper (DR)

C'est John Draper, mieux connu sous le nom de Cap'n Crunch qui vient des céréales Captain Crunch, qui a laissé son nom dans l'histoire du hacking et du phreaking. Dans sa boîte de céréales John Draper va découvrir que le simple sifflet cadeau destiné aux enfants reproduit la tonalité des lignes de téléphone de la compagnie Bell pour les appels longues distances.
Il s'en servira pour passer des appels gratuitement.
Un article publié en 1971 va révéler au grand public le phreaking. Cette pratique va alors prendre une tournure tout autre, jusqu'à son extinction, les autorités étant désormais avisées, elles vont mettre en place des mesures répressives. 
John Draper sera démasqué en 1976 et condamné à deux mois d'emprisonnement. Mais le cas reste intéressant puisque pour la première fois les autorités se sont trouvées face à un homme dont l'arme n'était qu'un jouet pour enfant.
Il faut surtout s'attarder sur l'évolution du micro-ordinateurs pour comprendre l'émergence des hackers.
Avant l’existence d'outils peu encombrants et simples, seuls les membres d’institutions de recherche universitaire et militaire avaient accès aux réseaux informatiques via les super-ordinateurs.


Les premiers micro-ordinateurs en 1975 (Sipa)

Mais l'apparition de micro-ordinateurs destinés aux particuliers va changer la donne. Les réseaux, et donc les informations, deviennent dès lors accessibles à un nombre plus grand d'individus, qui proviennent le plus souvent du milieu universitaire. Ils vont alors utiliser ce canal pour échanger leurs connaissances et les résultats de leurs recherches. On entre dans une quête de nouveau savoir et de propagation, élément central à la culture universitaire qui se retrouve aussi au cœur de la culture hacker.
L'avènement du numérique, des nouvelles technologies va accélérer les cas de hackages. Toujours plus célèbres et plus impressionnants. Certains souhaitant simplement passer à la postérité d'autres ayant une finalité engagée voire politique. Souvent on est dans une dénonciation du secret d'Etat, d'une main-mise de quelques uns, riches et puissants, sur l'ensemble des gens.


Le hacker, un cyberpunk?



Cette dénonciation du pouvoir ressemble étrangement à un personnage de la science-fictionle cyberpunk. 
A l'inverse du hacker, ce n'est pas une personne réelle. C'est originellement un personnage d'un sous genre de la science-fiction apparu dans les années 1980.
Il est une figure emblématique de toute une génération, en quête du savoir, avide de rétablir une certaine justice. En ce sens le hacker est souvent assimilé au cyberpunk. 


Neo, dans "Matrix",
illustration du cyberpunk (Sipa)

Si on ne devait parler que d'une personne pour représenter le cyberpunk, qui serait compréhensible d'un large public on citerait Neo. Ce personnage de "Matrix" incarné par Keanu Reeves est une des meilleures expressions cinématographiques de cette mythologie.
Dans un futur proche (si proche que l'on pourrait presque s'y projeter), la société est désormais régie par les machines et l'univers se partage en deux : les puissants, peu nombreux, qui asservissent l'humanité, toujours plus pauvre et plus soumise. Dans ce monde envahi par les nouvelles technologies, un jeune informaticien est en quête d'une vérité : qu'est ce que la matrice? Il va alors découvrir qu'il vit dans un monde complètement irréel et n'aura cesse de vouloir rendre la liberté aux opprimés. Ce film représente le combat typique du cyberpunk.



Origine du cyberpunk



Le genre cyberpunk, apparu dans les années 1980, a complètement rompu avec les schémas traditionnels de la science-fiction. Habituellement placée dans des perspectives lointaines dans le temps comme l'espace, le lecteur s'identifie difficilement à la science-fiction de l'époque.
En revanche le courant cyberpunk se veut réaliste. L'action se situe toujours dans un futur proche et sur Terre. Les personnages sont dans un univers désorganisé, régi par des corporations de plus en plus puissantes. Le héros se retrouve alors dans une zone d'incertitude et fait son possible pour se débrouiller, survivre et rétablir une vérité qu'il se doit de répandre.
En ce sens le cyberpunk, certes dans un univers noir et pessimiste, est finalement un personnage optimiste par sa volonté de faire changer les choses. Il n'est pas dans l'acceptation d'un ordre établi. C'est en quelque sorte le super héros des temps modernes.
Politiquement on pourrait classer le cyberpunk dans le courant anarchiste, à l'image de certains hackers. Notamment en raison de son opposition à l'organisation des pouvoirs généralement répartis entre quelques corporations qui usent de pratiques amorales au détriment de l'ensemble des citoyens. Le cyberpunk va dénoncer et combattre cette main mise.


Le néologisme cyberpunk



Le néologisme cyberpunk contient deux racines. La première est grecque : cyber, qui vient du grec kubérnètès , signifiant l'art de gouverner, de diriger. Le choix de cyber, au-delà de sa racine grecque fait également allusion à l'espace cybernétique, science étudiant les mécanismes de contrôle et de communication chez les machines mais aussi chez les êtres vivants. La deuxième racine est anglaise : punk, tout simplement issu du mouvement éponyme, caractérisé par une jeunesse décadente (du moins pour l'époque) et dont le célèbre leitmotiv « No future » a fait le tour du monde.
Le cyberpunk serait donc une sorte de voyou de l'espace cybernétique.


William Gibson, Neuromancer (Sipa et DR)

Quant à la popularisation du terme il faut remonter trente ans en arrière.
Le mot en lui-même est apparu pour la première fois comme titre d'une nouvelle de Bruce Bethke écrite en 1980 et éditée en novembre 1983 dans Amazing Science Fiction Stories. Mais c'est le critique Gardner Dozois du Washington Post qui vulgarisera le terme en 1984 dans un article. 
Il va l'utiliser pour qualifier le style de l'oeuvre d'un certain William Gibson : "Neuromancien".


L'insurrection numérique?



Le hacker s'inscrit donc dans cette lutte philosophique voire politique aux moyens d'outils légaux mais aussi illégaux.
Un des exemples marquant à ce jour reste celui des Anonymous. Groupe de web-activistes, aux méthodes parfois contestées, sans pour autant tomber dans l'illégalité, ils militent pour la totale liberté d'expression sur internet. 



Manifestation des Anonymous contre
l'Eglise de scientologie en 2008 (Sipa)

A l'origine des Anonymous, on trouve des forums, totalement anonymisés, où toutes les discussions, quelles qu'elles soient, ont droit de cité. Ces forums ont été au cœur des plus vives polémiques, car aux côtés d'internautes en lutte pour l'accès libre et sans limite à l'information, se trouvent des réseaux pédophiles, racistes…
Cependant il semble que ces forums restent minoritaires et que les Anonymous bataillent fermement pour évincer ces groupuscules des plates-formes.
Mais c'est en 2008 qu'ils se sont fait connaître du grand public en partant en guerre contre l'Eglise de scientologie. Certes anonymes mais particulièrement bien organisés, ils ont réussi à mettre en place des dizaines de manifestations simultanées regroupant plusieurs centaines de personnes, dans le monde entier. Vêtus de masque ils défilaient généralement devant les établissements scientologues. Ils ont également réussi à pirater de nombreux sites de la secte en usant du savoir-faire de leurs membres, hackers pour la plupart.
Plus récemment les Anonymous ont mis en place avec les membres de The pirate bay "Anonymous Iran", un mouvement d'opposition au régime iranien après la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. 


Les pirates




Le Jihad d'Hakim Bey

Le pirate en informatique est une personne commettant des délits ou des crimes dont l'objet ou l'arme est lié à l'informatique. Mais il faut aussi y voir l'origine des mots grecs peirâtes, lui même dérivé du verbe peiraô signifiant "s'efforcer de", "essayer de", "tenter sa chance à l'aventure" et du latin pirata : celui qui tente la fortune, qui entreprend. 
Il ne faut donc pas forcément voir les pirates informatiques comme des pirates mercenaires et pilleurs, mais comme des personnes qui ont un objectif, en général le partage de fichiers libres, l'accès à la culture pour tous et qui mettent en oeuvre tous les moyens pour atteindre leurs objectifs. Qu'ils soient légaux ou illégaux.



C'est dans ce cadre là que vont s'inscrire les membres de The pirate bay (TPB).
Aujourd'hui collectif de pirates auto-proclamés le plus connu, ils ont régulièrement défrayé l'actualité.
Plus gros sites permettant l'échange de fichiers torrents, cette plateforme, lancée le 21 novembre 2003, est basée en Suède.
TPB est régulièrement au coeur de l'actualité car il représente aujourd'hui la résistance active contre les grosses compagnies, les majors et prône une réforme des droits d'auteurs.
Il se revendique comme plus grand référenceur au monde de fichiers torrent. C'est à dire de fichiers à télécharger, gratuitement, de films et de musique le plus souvent. Mais la plupart du temps ces fichiers étant des copies illégales, ces pratiques, interdites dans plusieurs pays, restent mal vues. Mais la nature des fichiers rend difficile la détermination d'un acte illégal ou non.



Mais le pirate par excellence qui a initié un courant et influencé toute la culture underground est le mythique Hakim Bey.
Hakim Bey, Mr le juge en turc, de son vrai nom Peter Lamborn Wilson est un essayiste, écrivain américain, né en 1945. Fuyant aujourd'hui les médias, les outils informatiques (il refuse d'avoir un accès internet) il est à l'origine des Zones d'autonomie temporaire(TAZ).

C'est d'ailleurs avec ce livre éponyme qu'il va entrer dans la légende. Hakim Bey ne prétend pas avoir inventé les TAZ, mais simplement avoir mis un nom sur quelque chose qui existait déjà.
Aujourd'hui on estime que son oeuvre a influencé tout un courant de la cyberculture, mais aussi du milieu underground. Pape des rave party, des anarchistes, des insurgés contre l'ordre établi, il fait figure de référence dans tout un milieu.


Et la finalité dans tout ça?



L'objectif du hacker n'est pas en premier lieu l'illégalité même si la barrière est vite franchie. Il s'agirait plus de dépasser les limites, que ce soient celles imposées par la société ou celles que l'on se pose soi-même pour diverses raisons.
La communauté du hacker va se définir en grande partie par sa consommation massive de technologies informatiques et de télécommunications. Dans ce domaine il aime particulièrement tout ce qui concerne la téléphonie mobile, le GSM, qu'il aime à pirater afin de jouir de moyens de communications sans entrave.
Mais la question que l'on se pose tous finalement et que l'on a envie de poser aux hackers : « Pourquoi faites vous tout ça? ».
La réponse type : "Because we can" ("Parce qu'on peut"). Certains expliqueront à titre de comparaison qu'on ne se demande jamais pourquoi est ce qu'un musicien a une passion pour la musique. C'est juste qu'il aime ça.
Mais au-delà de voir jusqu'où l'on est capable d'aller, de détourner un objet, il y a derrière cela un objectif philosophique, engagé, voire politique.
Ainsi que l'explique Philippe Langlois, du Tmp/Lab, organisateur du premier Hacker space festival en France, le hacker a une responsabilité : redonner ce qu'il a pris, appris (connaissances, cultures, savoirs) à un moment donné. C'est une culture du partage, "une société civile au niveau informatique".
Les hackers ont cette responsabilité de "ne pas laisser que du foin", et l'impact est "monstrueux" quand les hackers se regroupent entre eux.
Plusieurs "hacker space" existent. Un France on a même une Hackademy pour apprendre comment devenir un hacker.
Mais aujourd'hui la référence reste le Chaos computer club, organisation la plus influente d'Europe de hackers, allemande.


Des participants des conférences des Black hat
et de la Defcon à Las Vegas,
vus à travers le logo des Black hat (Sipa)

Autre rassemblement, cette fois-ci mondial et référence dans le domaine de l'hacktivisme: la defcon. Pour résumer ce qu'est la defcon, on pourrait reprendre les termes d'un de ses participants " La defcon tient de la convention Star Trek et d'un concert des Sex pistols"...
Ainsi les hackers se rassemblent volontiers, dans le but de partager leurs idées mais aussi de mieux atteindre leurs objectifs. Conscients que ce n'est pas en restant centrés sur soi qu'ils avanceront, ils sont très souvent partisans de l'action collective.



 Quel avenir pour hackers et pirates?



Récemment, The pirate bay a été une fois de plus au coeur de l'actualité mais pour son rachat cette fois-ci. Un géant suédois aurait proposé de racheté la plate-forme pour 5,5 millions d'euros, mais à condition de n'avoir plus que des activités légales. Affaire à suivre.
Néanmoins, aujourd'hui ils sont de plus en plus présents dans la société civile et commencent à être reconnus.


Christian Engstrom du Parti pirate en Suède (Sipa)

A titre d'exemple l'entrée de Christian Engstrom du Parti des pirates, suédois ( ça ne vous rappelle rien?), au Parlement européen.
Pourtant de plus en plus de lois apparaissent autour de l'espace numérique et d'internet.
Mais l'évolution des hackers semble paradoxalement facilitée par les lois restrictives. Même si cela n'a pas toujours été le cas.
Les lois préventives et répressives ont désormais tendance à encourager les hackers à accélérer leurs recherches pour contourner les barrières. Benjamin Henrion, président de la FFII (La fondation pour une infrastructure informationnelle libre) explique justement que des lois comme Hadopi 2 vont encourager les hackers à trouver d'autres procédés pour télécharger, regarder des films ou écouter de la musique. L'objectif n'est pas tant la recherche ultime de la gratuité mais plutôt du partage, de l'accès à une connaissance, une culture pour tous.



Le débat reste encore ouvert concernant les actions et moyens de cette résistance du web. Souvent à la limite de la légalité ou illégales, ces actions ont du mal à être endiguées ou même réprimées, la loi restant encore assez floue.

Il reste néanmoins certains que toute cette subculture a émergé, devenant une culture à part entière, et dont les fruits ont porté, que ce soit au niveau informatique : Linux, Open office ou politique: the Anonymous et l'Eglise de scientologie ou le parti des pirates en Suède.


 Source - Beril Balkan :
http://tempsreel.nouvelobs.com/les-internets/20090727.OBS5575/hackers-pirates-cyberpunks-la-resistance-du-web.html

2015 - Le Mirage d'une Civilisation !


C'est donc en 2015 que l'Internet sera achevé pour être laissé en pâture au capitalisme.

Ne vous inquiétez pas, vous pourrez continuer à cliquer sur vos boutons pour masturber votre égo ou cracher votre haine gratuite en piétinant allègrement les fondements d'une civilisation qui a voulu être différente. Pour nous les habitués du réseau ça ne va pas changer grand chose, on va continuer à contourner les censures, hacker les systèmes répressifs, ou échanger librement en utilisant les outils qu'on maîtrise; nul besoin d'une réglementation pour ça ou pour autre chose.
Je vous salue donc bien bas et vous souhaite bon courage pour les générations qui ne connaîtront que les aliénations stériles des réseaux sociaux, les pétitions inutiles et les repartages d'informations formatées pour apprendre à n'être que de bons consommateurs qui se satisfont de l'illusion d'exister dans un monde où le paraître prime sur l'être.


C'est bien une dédicace à tous ceux qui cliquent sur des + 1, des j'aime ou partagent des informations stériles juste pour dire qu'ils existent dans ce système qu'on leur a gentiment préparé pour augmenter encore la marge réalisée et les chiffres d'affaire d'entreprises qui se marrent devant tant d'obéissance et de servitude.



Mais 2015 c'est aussi l'occasion de remercier tous ceux qui font que notre réseau existe. Non pas LE réseau (celui où se paluchent la majorité de la population mondiale) mais le réseau des Web Indépendants.



Dans une société où seuls seront libres les Cryptos-Anarchistes, ceux qui savent prendre ce qui leur appartient, il est bon de se rappeler que ces lieux existent. Certains l'appellent le Web Indépendant, d'autres le Deep Web ou Dark Web puisque ça les arrangent, mais c'est bien une expression libre d'idées libres qui ne saurait souffrir d'une quelconque censure ou contrôle autre que la volonté d'être ensemble pour partager simplement l'histoire, passé, présente et futur d'une civilisation mondiale.


Clic, Buzz, J'aime, Reshare, Tweet, Plus : https://soutien.laquadrature.net/
Histoire de dire que t'as essayé de faire un geste quand la civilisation a vendu sa fierté, son honneur et son avenir pour quelques minutes de gloire entre des pubs pour un jeu débile et une vidéo de chat faisant du moonwalk !


Le Web indépendant, ce sont ces millions de sites offrant des millions de pages faites de passion, d’opinion, d’information, mises en place par des utilisateurs conscients de leur rôle de citoyens. Le Web indépendant, c’est un lien nouveau entre les individus, une bourse du savoir gratuite, offerte, ouverte ; sans prétention.
Face aux sites commerciaux aux messages publicitaires agressifs, destinés à ficher et cibler les utilisateurs, le Web indépendant propose une vision respectueuse des individus et de leurs libertés, il invite à la réflexion et au dialogue. Quand les sites d’entreprises se transforment en magazines d’information et de divertissement, quand les mastodontes de l’info-spectacle, des télécommunications, de l’informatique et de l’armement investissent le réseau, le Web indépendant propose une vision libre du monde, permet de contourner la censure économique de l’information, sa confusion avec la publicité et le publi-reportage, sa réduction à un spectacle abrutissant et manipulateur.
Pourtant le Web indépendant et contributif est menacé ; menacé par la fuite en avant technologique qui rend la création de sites de plus en plus complexe et chère, par l’écrasante puissance publicitaire du Web marchand, et bientôt par les accès dissymétriques, les Network Computers, les réseaux privés, le broadcasting, destinés à cantonner le citoyen au seul rôle de consommateur. Déjà la presse spécialisée, si avide des publicités d’annonceurs qui récupèrent à leur profit la formidable richesse du Web contributif, et fascinée par les enjeux techniques et commerciaux de l’Internet, réserve quelques maigres lignes aux sites indépendants, occulte l’enjeu culturel du réseau, expédie rapidement la mort des sites pionniers du Web artisanal, quand elle glose en long et en large sur le nouveau site de tel vendeur de soupe. La création d’un site personnel y est présentée aux utilisateurs comme une motivation très annexe, loin derrière les possibilités d’utilisation en ligne de sa carte de crédit.

Nous invitons donc les utilisateurs à prendre conscience de leur rôle primordial sur l’Internet : lorsqu’ils montent leur propre site, lorsqu’ils envoient des commentaires, critiques et encouragements aux webmestres, lorsqu’ils s’entraident dans les forums et par courrier électronique, ils offrent une information libre et gratuite que d’autres voudraient vendre et contrôler. La pédagogie, l’information, la culture et le débat d’opinion sont le seul fait des utilisateurs, des webmestres indépendants et des initiatives universitaires et associatives.

Bushido 2.0

BUSHIDO : Le code moral est un condensé du Bushido, la voie du guerrier, code d'honneur et de morale traditionnelle qui régit l'ensemble des arts de combat. C'est le respect formel du code moral que l'on s'est choisi. Il faut savoir que chaque pratiquant qui atteint le niveau de ceinture noire 1er dan devient l'ambassadeur du bushido, code d'honneur et de morale traditionnelle qui régit l'ensemble du Budo.

L'HONNEUR : MEIYO
LA FIDELITE : CHUJITSU
LA SINCERITE : SEIJITSU
LE COURAGE : YUUKAN
LA BONTE ET LA BIENVEILLANCE : SHINSETSU
LA MODESTIE ET L'HUMILITE : KEN
LA DROITURE : TADASHI
LE RESPECT : SONCHOO
LE CONTROLE DE SOI : SEIGYO


 
Connecté dans le cyberespace je surf sur les flux, sans cesse à l'écoute de tous ces messages qui arrivent en vagues je sonde les links à la recherche du bit qui viendra titiller mon esprit, suggérer un défi ou interpeller ma conscience... Aucune règles, aucun interdits, c'est déjà le premier défi.

Alors je pense à toi, et tout ça prend son importance, c'est une évidence.. Pour te mériter il me faut surpasser le Bushido car nulle autre que toi ne me fais vivre, apaisé, rassuré dans ces avenirs qui se créent tous les jours, car aujourd'hui je sais que pour toi,
 
le geste précède la pensée.

Rien à déclarer ?


ha bha... vous pouvez préciser la question ?
Vous parlez au niveau légal ? Arf... 
Bon j'avoue, je suis dans l'illégalité totale ! Un vrai pirate, le méchant hacker qui vient souiller l'internet de toutes ces infractions qui rendent la vie des citoyens si infernale tous les jours.
P'tain déjà je sais faire un ping et un traceroute voire même un nslookup, c'est bien interdit quelque part... C'est comme lire les manuels techniques d'utilisation, ça aussi faudrait l'interdire. En plus c'est un comble, il utilise des volumes cryptés, des connexions chiffrées elles aussi, donc il a bien quelque chose à cacher ?
Si ta machine plante, si t'as perdu ton mail en 'pensant' avoir oublié le mot de passe, ou si tu reçois un spam ou pishing, ne cherche plus c'est ................. . (indiquez le nom de l'informaticien le plus proche que vous connaissez), mais là j'avoue c'est moi... Ben oui c'est evident, ya pas besoin d'utiliser mon neurone pour comprendre que le vilain hacker est entré dans ta machine...

Bon ... Agatha Christie, vas manger tes cookies, oublis pas de renouveler ton abonnement à norton anti-virus avant d'aller sur commentcamarche.net pour télécharger un vrai navigateur internet, ceux avec lesquels tu peux aller sur wikipedia section informatique, et tu reviens avec autre chose que ton ignorance et ta bêtise. En attendant si tu peux fermer ta gueule et aller te faire enculer (physiquement), vas surfer sur youporn ou sur meetic ça va te détendre et tu vas voir tu vas tout comprendre comment tout marche...

"Le fil vert sur le bouton vert, le fil rouge sur le bouton rouge"
Spéciale dédicaces à tous ceux qui cherchent... Continuez ça va venir.

Qui êtes-vous ?

Règle pour la victoire : n'attaquer qu'après avoir gagné la bataille

L'Art de la guerre - Sun Zi
Ve siècle avant J.-C

Tant d'impacts sur cette toile résonnent aux cris des désespérés qui mériteraient une justice. Tant de pulsations numériques crient ces vérités exposées mais ne resteront que dans ces paquets pour transiter en étant filtrés inlassablement pour arriver sur des écrans où ils finiront explosés en pixels éphémères. Ces flux qui annoncent l'éveil de générations libérés d'une violente réalité resteront-ils sur cette toile ? Le prix est lourd en vie privée pour réaliser l'upload des consciences qui errent en ayant troqués leur réalité pour l'illusion d'une liberté. Combien d'appels aux hommes masqués seront une bouteille à la mer qui n'atteindra même pas le large car beaucoup ont vendus leur âme au diable pour quelques hits sur un compteur ou faire le buzz quelques heures. C'est la chasse dans la matrice, la cyber-guerre pour le gout du risque... Ils parlent tant de changer les choses que le temps ne leur laisse pas autre chose que de parler et commenter. Ils cherchent à savoir qui, quand, comment, mais la question reste éternellement ! Suis-je capable de lâcher ce venin qui coule aujourd'hui dans mes mots ? Celui qui annonce et dénonce, celui qui trahit par mes mots.
Ne cherchez pas il n'est pas là ! Parmi le silence on l'entend sur la fréquence de flux encore inconnus; là tapis dans l'ombre et évitant bien la lumière des buzz, des rumeurs ou encore des projecteurs. Il aiguise sa lame, trace son chemin, chemine parmi les gigaflops et les pétaoctets pour atteindre son but; restant fluide au travers des firewalls et insensible aux traceurs. Sa lame tranche sans résistance car il n'est pas là, il n'existe pas, c'est tantôt un spoof tantôt un hack et pour finir il n'est pas là... enfin.. on ne le sait pas. La seule chose qui ne fait pas de tout ça une légende urbaine est qu'au final il y a Impact ! Alors on sait qu'il était là ! bits après bits on infléchit la direction et la couleur des flux qui amèneront la matrice à rejeter ce venin qui gangrène le cyberespace pour le pourrir en cybercash !

Pendant ce temps dans la matrice certains tricotent en mailles bien serrées les camisoles que tant s'arrachent en croyant êtres aux premières places. Ils ont juste oubliés le sens des phrases telles que "Nous n'oublions pas" ou "Nous ne pardonnons pas" car pour le reste le doute n'existe pas ! Nous sommes là où vous ne regardez pas...

Evey : Qui êtes-vous ?
V : Qui ? « Qui » n'est autre que la forme qui résulte de la fonction de « Qu'est-ce que », et ce que je suis c'est un homme sous un masque.
Evey : Ça, je le vois.
V : De toute évidence. Je ne mets pas en doute ton sens de l'observation, je ne fais que mettre en exergue le paradoxe qui est de demander à un homme masqué qui il est.
Evey : Oh ? D'accord.

(R)Evolution 2.0

À quoi bon ?
Un chemin dans l'obscur qui relâche sans cesse ces flots d'inepties que le monde singe sans cesse en croyant avoir compris le sens d'un combat qui n'a même pas commencé.
À quoi bon ces impacts numériques qui font vibrer la toile pour finir sans un son sous le flux de mastodontes à qui n'importe que des chiffres sur des compteurs ? Tout se résume en chiffres et consciences soulagées d'avoir cliqué frénétiquement sur des boutons colorés pour ajouter son chiffre, intangible et stupide, qui se perdra sans cesse dans une masse stérile de toute initiative.

Créer c'est résister, cliquer c'est bien crever !


C'est le shoot du siècle, la drogue par excellence qui se diffuse violemment à travers les consciences. Surfer, hacker, petitionner... Le tour de la question se perd dans l'ego; le fantasme du bien et la jouissance du mal ont créés ces terrains où chacun prend sa place, une place bien définie. C'est la place de celui qui n'aura rien à dire, rien à faire, et rien à défaire. Tout est dit, tout est là, il suffit de cliquer !

À quoi bon ?
Alors pourquoi le bien, pourquoi le mal ? pourquoi choisir un camp à cotés d'une masse qui n'a plus rien à dire, plus rien à écrire, plus rien à créer ?

Ranges ton arme mon ami, l'horizon nous attend, j’entends d'ici les bits des consciences perdues qui viendront s'écraser au bord de cet horizon qui leur est inaccessible, laissons les et marchons vers notre seul univers où nous créons sans cesse pour défaire et refaire ce que certains prendront pour de la liberté.

Je ne vous salue pas, encore moins que vos maîtres je ne vous envie pas car dans ce Monde libre il n'y a pas de place pour l'esclave ou son maître.

(R)évolution 2.0 | "Hello World !" | "My God it's full of stars !"

rÉvolution 2.0



Source : https://plus.google.com/u/0/103620912815501395863/posts/Snj4QPgqCm1


« La grande révolution dans l'histoire de l'homme, passée, présente et future, est la révolution de ceux qui sont résolus à être libres. »

John Fitzgerald Kennedy