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Le Kit du CypherPunk ou CryptoAnarchiste

CypherPunk - CryptoANarchiste
Le crypto-anarchisme – ou la crypto-anarchie – est une philosophie anarchiste et individualiste qui prône l’emploi de la cryptographie dans le but de renforcer le secret, l’intimité et la vie privée sur Internet. Les crypto-anarchistes ont pour objectif de créer des communautés virtuelles afin de protéger leur vie privée et leur liberté politique.

Les cypherpunks (mot-valise composé à partir des mots anglais cipher (chiffrement) et punk sur le modèle de cyberpunk) forment un groupe informel de personnes intéressées par la cryptographie. Leur objectif est d'assurer le respect de la vie privée par l'utilisation proactive de la cryptographie.


Création d'une clé privée

Outils : GnuPG, Tutorial
la création et le stockage de cette clé nécessite un environnement sécurisé !
Génération de la clé hors-ligne, stockage sur support chiffré et protection de la clé par mot de passe.


Accès au Web

Sécuriser l'accès : VPN, DNSCrypt


Configurer le navigateur
  • ne pas enregistrer les mots de passe, ne pas activer le javascript par défaut, ne pas envoyer de statistiques ou autres données d'utilisation.
  • Changer le moteur de recherche par défaut (ixquick, duckduckgo, qwant)

    Note au sujet des réseaux sociaux, webmails, forums, web 2.0 : quelque soit le besoin d'accéder à un site nécessitant l'activation du javascript (via noscript) vous prenez la responsabilité d'héberger un script qui peut avoir accès à énormement d'informations de votre environnement !

Vous pouvez maintenant vous familiariser avec ces outils. Naviguer sur le Web standard, chiffrer vos contenus et disparaitre dans le deepweb avec un minimum de sécurité.

Vous pouvez tester vos différentes configurations (avec VPN, sans VPN, VPN + Tor, etc) sur ce site :


Bonne découverte !


Hackers, pirates, cyberpunks : la résistance du web



Quand on dit grand acteur du web, on pense à Google, Microsoft, Apple, ces grandes multinationales qui façonnent presque à elles seules tout l'espace numérique. Mais c'est sans compter sur une autre partie, plus sous-terraine, mais bien réelle : les hackers, pirates et cyberpunks.





L'avènement des nouvelles technologies dans les années 1970, la démocratisation du micro-ordinateur, l'accès à une information toujours plus large, ont permis l'émergence d'une autre culture de masse. Cet essor a engendré l'accès à de nouveaux savoirs, à une pluralité d'informations. Cependant la quasi-totalité de la toile étant gérée par quelques multinationales surpuissantes, il existe une frange qui se détache de cette information, la considérant comme tronquée. Cette faction revendique ainsi un véritable monde numérique, sans aucune frontière. Fonctionnant avec ses propres codes, ces personnes ont décidé d'œuvrer en faveur de la vérité, de l'information, usant parfois de moyens controversés. Hackerscyberpunkspirates, la résistance du web est arrivée il y a maintenant une vingtaine d'années et n'a cessé de s'imposer.
Ou comment des personnes alors insignifiantes, bousculent les codes de la toile et se sont imposées en quelques années comme des acteurs à part entière du web.

Qu'est ce qu'un hacker?



Hacker : nom masculin 
(de l'anglais to hack into, entrer par effraction)
Personne qui, par jeu, goût du défi ou souci de notoriété, cherche à contourner les protections d'un logiciel, à s'introduire frauduleusement dans un système ou un réseau informatique. (Recommandation officielle : fouineur.)



Voici la définition qu'on peut trouver dans le Larousse édition 2009. 
Un hacker serait donc selon le dictionnaire un fouineur. Une personne peu scrupuleuse dont le but est de s'introduire par effraction dans un système informatique, qui sait, peut-être même le votre!
Cette définition reflète particulièrement bien l'amalgame fait aujourd'hui entre les hackers, les cybercriminels et les pirates informatiques.
Dans sa signification relayée par les mass médias auprès du grand public, le terme fait surtout référence aux "black hats" ou chapeaux noirs.
Ce sont des hackers qui pénètrent par effraction dans des systèmes ou des réseaux avec un objectif personnel, souvent un gain financier.
Aux antipodes se trouvent les "white hats", chapeaux blancs: ils pénètrent par effraction dans des systèmes ou des réseaux dans l'objectif d'aider les propriétaires du système à mieux le sécuriser. Mais ces deux définitions restent assez simplistes.




Le Hacker Space Festival 2009

A l'origine, hacker est un mot anglais signifiant bidouilleur, bricoleur. Il est aussi utilisé pour désigner des programmeurs doués en informatique. Mais par extension ce mot caractérise les personnes capables de transformer, détourner une technologie, un objet ou un programme pour lui faire faire autre chose que ce qui était initialement prévu. Le hacker se caractérise donc essentiellement par le détournement d'objet.
Il va utiliser toutes les nouvelles technologies dont il dispose afin d'explorer les confins de la machine, le plus souvent son ordinateur, qui va ensuite devenir son outil de travail une fois la phase exploratoire achevée.


Aux origines du hacker : le phreaker



Mais retraçons brièvement les origines de ce personnage du web. Le phreaker est au hacker ce que le vinyle est au CD : son ancêtre. Le phreaker désigne celui qui piratait les lignes téléphoniques. Ce mouvement émerge dans les années 1960 aux Etats-Unis.
Et ce que l'on considère aujourd'hui comme le premier cas de hacking est en fait du phreaking. Il reste particulièrement révélateur de l'impact que peut avoir un objet détourné.


John Draper (DR)

C'est John Draper, mieux connu sous le nom de Cap'n Crunch qui vient des céréales Captain Crunch, qui a laissé son nom dans l'histoire du hacking et du phreaking. Dans sa boîte de céréales John Draper va découvrir que le simple sifflet cadeau destiné aux enfants reproduit la tonalité des lignes de téléphone de la compagnie Bell pour les appels longues distances.
Il s'en servira pour passer des appels gratuitement.
Un article publié en 1971 va révéler au grand public le phreaking. Cette pratique va alors prendre une tournure tout autre, jusqu'à son extinction, les autorités étant désormais avisées, elles vont mettre en place des mesures répressives. 
John Draper sera démasqué en 1976 et condamné à deux mois d'emprisonnement. Mais le cas reste intéressant puisque pour la première fois les autorités se sont trouvées face à un homme dont l'arme n'était qu'un jouet pour enfant.
Il faut surtout s'attarder sur l'évolution du micro-ordinateurs pour comprendre l'émergence des hackers.
Avant l’existence d'outils peu encombrants et simples, seuls les membres d’institutions de recherche universitaire et militaire avaient accès aux réseaux informatiques via les super-ordinateurs.


Les premiers micro-ordinateurs en 1975 (Sipa)

Mais l'apparition de micro-ordinateurs destinés aux particuliers va changer la donne. Les réseaux, et donc les informations, deviennent dès lors accessibles à un nombre plus grand d'individus, qui proviennent le plus souvent du milieu universitaire. Ils vont alors utiliser ce canal pour échanger leurs connaissances et les résultats de leurs recherches. On entre dans une quête de nouveau savoir et de propagation, élément central à la culture universitaire qui se retrouve aussi au cœur de la culture hacker.
L'avènement du numérique, des nouvelles technologies va accélérer les cas de hackages. Toujours plus célèbres et plus impressionnants. Certains souhaitant simplement passer à la postérité d'autres ayant une finalité engagée voire politique. Souvent on est dans une dénonciation du secret d'Etat, d'une main-mise de quelques uns, riches et puissants, sur l'ensemble des gens.


Le hacker, un cyberpunk?



Cette dénonciation du pouvoir ressemble étrangement à un personnage de la science-fictionle cyberpunk. 
A l'inverse du hacker, ce n'est pas une personne réelle. C'est originellement un personnage d'un sous genre de la science-fiction apparu dans les années 1980.
Il est une figure emblématique de toute une génération, en quête du savoir, avide de rétablir une certaine justice. En ce sens le hacker est souvent assimilé au cyberpunk. 


Neo, dans "Matrix",
illustration du cyberpunk (Sipa)

Si on ne devait parler que d'une personne pour représenter le cyberpunk, qui serait compréhensible d'un large public on citerait Neo. Ce personnage de "Matrix" incarné par Keanu Reeves est une des meilleures expressions cinématographiques de cette mythologie.
Dans un futur proche (si proche que l'on pourrait presque s'y projeter), la société est désormais régie par les machines et l'univers se partage en deux : les puissants, peu nombreux, qui asservissent l'humanité, toujours plus pauvre et plus soumise. Dans ce monde envahi par les nouvelles technologies, un jeune informaticien est en quête d'une vérité : qu'est ce que la matrice? Il va alors découvrir qu'il vit dans un monde complètement irréel et n'aura cesse de vouloir rendre la liberté aux opprimés. Ce film représente le combat typique du cyberpunk.



Origine du cyberpunk



Le genre cyberpunk, apparu dans les années 1980, a complètement rompu avec les schémas traditionnels de la science-fiction. Habituellement placée dans des perspectives lointaines dans le temps comme l'espace, le lecteur s'identifie difficilement à la science-fiction de l'époque.
En revanche le courant cyberpunk se veut réaliste. L'action se situe toujours dans un futur proche et sur Terre. Les personnages sont dans un univers désorganisé, régi par des corporations de plus en plus puissantes. Le héros se retrouve alors dans une zone d'incertitude et fait son possible pour se débrouiller, survivre et rétablir une vérité qu'il se doit de répandre.
En ce sens le cyberpunk, certes dans un univers noir et pessimiste, est finalement un personnage optimiste par sa volonté de faire changer les choses. Il n'est pas dans l'acceptation d'un ordre établi. C'est en quelque sorte le super héros des temps modernes.
Politiquement on pourrait classer le cyberpunk dans le courant anarchiste, à l'image de certains hackers. Notamment en raison de son opposition à l'organisation des pouvoirs généralement répartis entre quelques corporations qui usent de pratiques amorales au détriment de l'ensemble des citoyens. Le cyberpunk va dénoncer et combattre cette main mise.


Le néologisme cyberpunk



Le néologisme cyberpunk contient deux racines. La première est grecque : cyber, qui vient du grec kubérnètès , signifiant l'art de gouverner, de diriger. Le choix de cyber, au-delà de sa racine grecque fait également allusion à l'espace cybernétique, science étudiant les mécanismes de contrôle et de communication chez les machines mais aussi chez les êtres vivants. La deuxième racine est anglaise : punk, tout simplement issu du mouvement éponyme, caractérisé par une jeunesse décadente (du moins pour l'époque) et dont le célèbre leitmotiv « No future » a fait le tour du monde.
Le cyberpunk serait donc une sorte de voyou de l'espace cybernétique.


William Gibson, Neuromancer (Sipa et DR)

Quant à la popularisation du terme il faut remonter trente ans en arrière.
Le mot en lui-même est apparu pour la première fois comme titre d'une nouvelle de Bruce Bethke écrite en 1980 et éditée en novembre 1983 dans Amazing Science Fiction Stories. Mais c'est le critique Gardner Dozois du Washington Post qui vulgarisera le terme en 1984 dans un article. 
Il va l'utiliser pour qualifier le style de l'oeuvre d'un certain William Gibson : "Neuromancien".


L'insurrection numérique?



Le hacker s'inscrit donc dans cette lutte philosophique voire politique aux moyens d'outils légaux mais aussi illégaux.
Un des exemples marquant à ce jour reste celui des Anonymous. Groupe de web-activistes, aux méthodes parfois contestées, sans pour autant tomber dans l'illégalité, ils militent pour la totale liberté d'expression sur internet. 



Manifestation des Anonymous contre
l'Eglise de scientologie en 2008 (Sipa)

A l'origine des Anonymous, on trouve des forums, totalement anonymisés, où toutes les discussions, quelles qu'elles soient, ont droit de cité. Ces forums ont été au cœur des plus vives polémiques, car aux côtés d'internautes en lutte pour l'accès libre et sans limite à l'information, se trouvent des réseaux pédophiles, racistes…
Cependant il semble que ces forums restent minoritaires et que les Anonymous bataillent fermement pour évincer ces groupuscules des plates-formes.
Mais c'est en 2008 qu'ils se sont fait connaître du grand public en partant en guerre contre l'Eglise de scientologie. Certes anonymes mais particulièrement bien organisés, ils ont réussi à mettre en place des dizaines de manifestations simultanées regroupant plusieurs centaines de personnes, dans le monde entier. Vêtus de masque ils défilaient généralement devant les établissements scientologues. Ils ont également réussi à pirater de nombreux sites de la secte en usant du savoir-faire de leurs membres, hackers pour la plupart.
Plus récemment les Anonymous ont mis en place avec les membres de The pirate bay "Anonymous Iran", un mouvement d'opposition au régime iranien après la réélection de Mahmoud Ahmadinejad. 


Les pirates




Le Jihad d'Hakim Bey

Le pirate en informatique est une personne commettant des délits ou des crimes dont l'objet ou l'arme est lié à l'informatique. Mais il faut aussi y voir l'origine des mots grecs peirâtes, lui même dérivé du verbe peiraô signifiant "s'efforcer de", "essayer de", "tenter sa chance à l'aventure" et du latin pirata : celui qui tente la fortune, qui entreprend. 
Il ne faut donc pas forcément voir les pirates informatiques comme des pirates mercenaires et pilleurs, mais comme des personnes qui ont un objectif, en général le partage de fichiers libres, l'accès à la culture pour tous et qui mettent en oeuvre tous les moyens pour atteindre leurs objectifs. Qu'ils soient légaux ou illégaux.



C'est dans ce cadre là que vont s'inscrire les membres de The pirate bay (TPB).
Aujourd'hui collectif de pirates auto-proclamés le plus connu, ils ont régulièrement défrayé l'actualité.
Plus gros sites permettant l'échange de fichiers torrents, cette plateforme, lancée le 21 novembre 2003, est basée en Suède.
TPB est régulièrement au coeur de l'actualité car il représente aujourd'hui la résistance active contre les grosses compagnies, les majors et prône une réforme des droits d'auteurs.
Il se revendique comme plus grand référenceur au monde de fichiers torrent. C'est à dire de fichiers à télécharger, gratuitement, de films et de musique le plus souvent. Mais la plupart du temps ces fichiers étant des copies illégales, ces pratiques, interdites dans plusieurs pays, restent mal vues. Mais la nature des fichiers rend difficile la détermination d'un acte illégal ou non.



Mais le pirate par excellence qui a initié un courant et influencé toute la culture underground est le mythique Hakim Bey.
Hakim Bey, Mr le juge en turc, de son vrai nom Peter Lamborn Wilson est un essayiste, écrivain américain, né en 1945. Fuyant aujourd'hui les médias, les outils informatiques (il refuse d'avoir un accès internet) il est à l'origine des Zones d'autonomie temporaire(TAZ).

C'est d'ailleurs avec ce livre éponyme qu'il va entrer dans la légende. Hakim Bey ne prétend pas avoir inventé les TAZ, mais simplement avoir mis un nom sur quelque chose qui existait déjà.
Aujourd'hui on estime que son oeuvre a influencé tout un courant de la cyberculture, mais aussi du milieu underground. Pape des rave party, des anarchistes, des insurgés contre l'ordre établi, il fait figure de référence dans tout un milieu.


Et la finalité dans tout ça?



L'objectif du hacker n'est pas en premier lieu l'illégalité même si la barrière est vite franchie. Il s'agirait plus de dépasser les limites, que ce soient celles imposées par la société ou celles que l'on se pose soi-même pour diverses raisons.
La communauté du hacker va se définir en grande partie par sa consommation massive de technologies informatiques et de télécommunications. Dans ce domaine il aime particulièrement tout ce qui concerne la téléphonie mobile, le GSM, qu'il aime à pirater afin de jouir de moyens de communications sans entrave.
Mais la question que l'on se pose tous finalement et que l'on a envie de poser aux hackers : « Pourquoi faites vous tout ça? ».
La réponse type : "Because we can" ("Parce qu'on peut"). Certains expliqueront à titre de comparaison qu'on ne se demande jamais pourquoi est ce qu'un musicien a une passion pour la musique. C'est juste qu'il aime ça.
Mais au-delà de voir jusqu'où l'on est capable d'aller, de détourner un objet, il y a derrière cela un objectif philosophique, engagé, voire politique.
Ainsi que l'explique Philippe Langlois, du Tmp/Lab, organisateur du premier Hacker space festival en France, le hacker a une responsabilité : redonner ce qu'il a pris, appris (connaissances, cultures, savoirs) à un moment donné. C'est une culture du partage, "une société civile au niveau informatique".
Les hackers ont cette responsabilité de "ne pas laisser que du foin", et l'impact est "monstrueux" quand les hackers se regroupent entre eux.
Plusieurs "hacker space" existent. Un France on a même une Hackademy pour apprendre comment devenir un hacker.
Mais aujourd'hui la référence reste le Chaos computer club, organisation la plus influente d'Europe de hackers, allemande.


Des participants des conférences des Black hat
et de la Defcon à Las Vegas,
vus à travers le logo des Black hat (Sipa)

Autre rassemblement, cette fois-ci mondial et référence dans le domaine de l'hacktivisme: la defcon. Pour résumer ce qu'est la defcon, on pourrait reprendre les termes d'un de ses participants " La defcon tient de la convention Star Trek et d'un concert des Sex pistols"...
Ainsi les hackers se rassemblent volontiers, dans le but de partager leurs idées mais aussi de mieux atteindre leurs objectifs. Conscients que ce n'est pas en restant centrés sur soi qu'ils avanceront, ils sont très souvent partisans de l'action collective.



 Quel avenir pour hackers et pirates?



Récemment, The pirate bay a été une fois de plus au coeur de l'actualité mais pour son rachat cette fois-ci. Un géant suédois aurait proposé de racheté la plate-forme pour 5,5 millions d'euros, mais à condition de n'avoir plus que des activités légales. Affaire à suivre.
Néanmoins, aujourd'hui ils sont de plus en plus présents dans la société civile et commencent à être reconnus.


Christian Engstrom du Parti pirate en Suède (Sipa)

A titre d'exemple l'entrée de Christian Engstrom du Parti des pirates, suédois ( ça ne vous rappelle rien?), au Parlement européen.
Pourtant de plus en plus de lois apparaissent autour de l'espace numérique et d'internet.
Mais l'évolution des hackers semble paradoxalement facilitée par les lois restrictives. Même si cela n'a pas toujours été le cas.
Les lois préventives et répressives ont désormais tendance à encourager les hackers à accélérer leurs recherches pour contourner les barrières. Benjamin Henrion, président de la FFII (La fondation pour une infrastructure informationnelle libre) explique justement que des lois comme Hadopi 2 vont encourager les hackers à trouver d'autres procédés pour télécharger, regarder des films ou écouter de la musique. L'objectif n'est pas tant la recherche ultime de la gratuité mais plutôt du partage, de l'accès à une connaissance, une culture pour tous.



Le débat reste encore ouvert concernant les actions et moyens de cette résistance du web. Souvent à la limite de la légalité ou illégales, ces actions ont du mal à être endiguées ou même réprimées, la loi restant encore assez floue.

Il reste néanmoins certains que toute cette subculture a émergé, devenant une culture à part entière, et dont les fruits ont porté, que ce soit au niveau informatique : Linux, Open office ou politique: the Anonymous et l'Eglise de scientologie ou le parti des pirates en Suède.


 Source - Beril Balkan :
http://tempsreel.nouvelobs.com/les-internets/20090727.OBS5575/hackers-pirates-cyberpunks-la-resistance-du-web.html

Black Blocs : bas les masques



Quand manifester c’est enfiler un vêtement noir et une cagoule :

comment les militants du « Bloc noir » envisagent la violence, l’action politique et les rassemblements altermondialistes.

Par Francis Dupuis-Déri
Chercheur en sciences-politiques.
Mouvements, n°25, janvier-février 2003, p. 74-80



Le [1] 30 novembre 1999, lors de la « Bataille de Seattle », les « Black Blocs » font une entrée fracassante dans le mouvement « antimondialisation » en lançant des frappes contre des succursales de banques et des magasins Gap, Levi’s, McDonald’s. Ce recours à la force si spectaculaire a permis au mouvement d’obtenir une très grande visibilité médiatique. Pourtant, nombre de manifestants pacifistes et de porte-parole des groupes réformistes accusent les Black Blocs et leurs alliés de nuire à l’image publique du mouvement « antimondialisation ». Cette critique se double très souvent d’une analyse saturée de clichés : le phénomène Black Bloc serait l’expression d’un « anarchisme » réduit à une pulsion irrationnelle qui pousse des « jeunes casseurs » à la violence et au chaos. Justifiée à première vue pour ceux et celles que la violence met mal-à-l’aise, cette charge critique contre les Black Blocs brouille la pensée et a elle-même des répercussions politiques négatives pour l’ensemble du mouvement. Ce texte a pour objet d’analyser cette politique de la critique après avoir déboulonné quelques mensonges qui circulent au sujet des Black Blocs.


Rappel historique


Les Black Blocs sont apparus à Berlin Ouest pendant l’hiver de 1980 alors que les policiers vidaient brutalement des squats de militants du mouvement autonome. Décidés à défendre leur logement, ces militants formeront les premiers Black Blocs – expression lancée par la police allemande – qui affronteront les policiers dans de violents combats de rue [2] . Le Black Bloc est un type d’action collective, une tactique. Ceux et celles qui veulent former un Black Bloc se présentent lors d’une manifestation vêtus et masqués de noir : se reconnaissant aisément, ils peuvent alors constituer un contingent. La première fonction d’un Black Bloc est d’exprimer une présence anarchiste et une critique radicale au cœur d’une manifestation. Il offre aussi la possibilité à des militants de mener des actions directes car cette masse dans laquelle ils se fondent leur assure une solidarité politique et protège leur anonymat, ce qui rend d’autant plus difficile pour les policiers de cibler et d’arrêter un individu en particulier.

Cette tactique deviendra rapidement populaire et les militants autonomes y auront recours lors de grandes manifestations. Un Black Bloc entrera par exemple en action à Berlin en 1988 à l’occasion – déjà – d’une réunion de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international. Ce type d’action se diffusera à travers le réseau anarcho-punk de la contre-culture radicale d’Europe centrale jusqu’au Canada et aux États-Unis, où un premier Black Bloc se forme dès 1991 lors d’une manifestation dénonçant la guerre contre l’Irak. Dans les années quatre-vingt-dix, les militants du mouvement nord-américain Anti-Racist Action (ARA) qui privilégient la confrontation directe contre les néo-nazis et les suprémacistes « Blancs » reprendront également cette tactique [3] qui sera enfin adoptée par des militants actifs au sein du mouvement « antimondialisation ».


Black Blocs et anarchisme



Les anarchistes en général et les Black Blocs en particulier ne sont pas les instigateurs du mouvement « antimondialisation », mais ils participent à la dynamique de ce mouvement et plusieurs y voient un lieu privilégié où exprimer leur critique du capitalisme et de l’État libéral. Journalistes, porte-parole des groupes réformistes et militants non-violents dérangés par la présence et les actions des Black Blocs concluent trop souvent que les Black Blocs sont anarchistes parce qu’ils ont recours à la force. Il s’agit là d’un amalgame fallacieux qui laisse dans l’ombre trois faits importants : toutes les idéologies politiques et mêmes religieuses ont su justifier la violence de leurs partisans lorsque cela leur convenait ; l’anarchisme compte beaucoup de partisans non-violents [4] et certains Black Blocs ont participé à des manifestations sans avoir recours à la force [5] . Si les Black Blocs sont de sensibilité anarchiste, ce n’est pas en raison de leur potentiel violent mais bien plutôt parce qu’ils fonctionnent de façon égalitaire et libertaire ; en d’autres mots, leur structure et leur processus de prise de décision sont non autoritaires et non hiérarchiques.

Quiconque vêtu de noir peut en principe se présenter à une manifestation et se joindre au contingent noir. Mais un Black Bloc est d’abord un regroupement de plusieurs « groupes d’affinité », une expression très répandue au sein du mouvement « antimondialisation » et qui provient de la tradition anarchiste (de tels groupes – grupos de afinidad – existaient dès la fin du xixe siècle dans la mouvance anarchiste espagnole [6] ). Un groupe d’affinité est généralement composé d’une demi-douzaine à quelques dizaines de membres. L’affinité entre les membres s’explique par les liens qui les unissent – ce sont des amis, des camarades d’étude, de travail ou de groupes politiques – et ils ont en partage une sensibilité à l’égard du type d’actions qu’ils entendent mener, de la façon de les mener ainsi que des modalités d’interaction sociopolitique qu’ils désirent établir et maintenir entre eux. Les réunions au sein des groupes d’affinité fonctionnent sur le mode de la démocratie directe, mais la recherche du consensus y est privilégiée et le recours au vote plutôt rare.

Il est difficile d’évaluer avec exactitude le profil sociologique des participants aux Black Blocs. Il semble qu’ils soient plutôt jeunes (autour de la vingtaine, avec des écarts jusqu’à quinze et cinquante-cinq ans) et souvent étudiants, mais tout en ayant une expérience militante (par exemple dans des journaux radicaux et des groupes de lutte contre le racisme, contre la brutalité policière ou pour les sans-emploi). De nombreuses femmes participent à l’organisation des Black Blocs (environ 40 % dans le cas du Sommet de Québec) et joignent l’action (environ 25 %). Lors des réunions, la parole est souvent distribuée en alternance aux hommes et aux femmes, une procédure qui permet de contrer partiellement la réalité sociopsychologique selon laquelle les hommes s’expriment et s’affirment généralement avec plus de facilité en public, ce qui leur confère de facto plus de pouvoir dans un processus délibératif [7] .

Un Black Bloc, tout comme les groupes d’affinité qui le composent, n’a pas de « chef » qui distribuerait les rôles à chacun et imposerait les objectifs collectifs. C’est au cours d’un processus délibératif que les membres discutent des risques qu’ils entendent prendre et qu’ils décident du type d’actions qu’ils désirent mener. Certains groupes opteront pour des actions offensives (ils auront alors des bâtons, frondes, boules de billard, cocktails Molotov, etc.) ou défensives (boucliers, plastrons, gants, jambières, casques, masques à gaz, etc.), d’autres se spécialiseront dans des actions de soutien : ils effectueront des opérations de reconnaissance et de communication (vélos, walkie-talkies ou téléphones portables) ; constitueront un corps d’infirmiers volontaires (doté de l’équipement nécessaire pour soulager les victimes des gaz lacrymogènes et du poivre de Cayenne et administrer les premiers soins aux blessés) ; ou se donneront comme tâche d’entretenir le moral des troupes en jouant de la musique.

Lors d’événements très importants, plusieurs groupes d’affinité peuvent organiser entre eux des réunions de coordination. Le processus de coordination des Black Blocs de la région de Montréal débuta ainsi dès 2000 en prévision du Sommet des Amériques à Québec en avril 2001. Il est toujours possible, toutefois, que des individus ou des groupes d’affinité n’ayant pas participé à cet effort de coordination se joignent au Black Bloc la veille ou le jour même des manifestations ou y forment leurs propres Black Blocs.


Violence et politique



Les Black Blocs n’ont pas toujours recours à la force : ils sont pour le respect de la diversité des tactiques et jugent approprié que, selon les sensibilités et les logiques de chacun, certains manifestent pacifiquement et d’autres s’expriment par la force (des membres de Black Blocs refusent même d’avoir personnellement recours à la force et se regroupent, par exemple, au sein des groupes d’affinité d’infirmiers volontaires [8] ). Ils ne sont pas les seuls à avoir parfois recours à la force. Les manifestations « antimondialisation » comptent ainsi un très grand nombre de groupes d’affinité et d’individus sans aucune affiliation qui ont recours à la force mais ne sont pas vêtus de noir et ne sont donc pas, techniquement parlant, des Black Blocs. Des Blocs Rouges composés de militants marxistes-léninistes peuvent eux aussi lancer des actions directes violentes. Les Black Blocs ont toutefois ceci de particulier que plusieurs de leurs membres produisent et diffusent – surtout par Internet – un discours justifiant leur recours à la force. Pour nombre de participants aux Black Blocs, la décision d’avoir recours à la force s’inscrit dans une réflexion politique qui s’inspire d’expériences passées [9] . Un participant à plusieurs Black Blocs précise ainsi qu’on retrouve dans les Black Blocs des militants « de longue date [qui] sont en quelque sorte désillusionnés car ils sont arrivés à la conclusion que les moyens pacifistes sont trop limités et qu’ils font le jeu du pouvoir. Ils décident alors d’utiliser la violence pour ne plus être victime [10] ».

Les justifications peuvent être multiples et relèvent à la fois de la sociopsychologie, de l’économie et de la politique. D’un point de vue économique et politique, l’action directe violente est perçue comme un moyen efficace et simple de critiquer le capitalisme et l’État libéral illégitimes car fonctionnant sur des modes autoritaires et hiérarchiques et eux mêmes violents. La critique s’exprime directement puisque le système économique et politique illégitime s’incarne dans la cible des frappes (des McDonald’s, des banques, le siège du Fonds monétaire international ou le périmètre de sécurité qui protège le Sommet du G8). La critique s’exprime aussi de façon indirecte, puisque l’action est couverte et discutée dans les médias, ce qui permet de diffuser dans le champ politique une critique radicale du capitalisme et de l’État libéral.

L’affrontement avec les policiers se justifie parce que ceux-ci protègent des institutions illégitimes et incarnent la violence de l’État, mais aussi parce que le rapport de force que permet de créer une manifestation en général et un Black Bloc en particulier offre l’opportunité d’une vengeance qui fonctionne comme un exutoire : « Je viens de la banlieue et les flics font ce qu’ils veulent toute l’année et ça passe sous silence », expliquera un jeune adulte d’un quartier défavorisé de Montréal ayant participé aux affrontements contre les policiers en marge du Sommet des Amériques à Québec (avril 2001). Il précise que « frapper un flic, ce n’est pas de la violence, c’est de la vengeance [11] ». Cette confession très dure révèle un monde d’injustice et un besoin de réparation de la part des victimes habituelles de la brutalité policière. On entre ici dans le domaine des justifications à caractère sociopsychologique : le tumulte de l’action directe provoque une sorte de jouissance. Psychologique, cette jouissance est aussi politique : « je crois que c’est une manifestation de frustration », dira un autre participant à plusieurs Black Blocs au sujet de la violence, avant d’ajouter que c’est « un défoulement de la part de gens qui ont compris qu’ils ont des intérêts contradictoires de ceux des institutions qu’ils attaquent [12] ». Des membres d’un des groupes d’affinité du Black Bloc de Gênes pBB1 : voir note infra n° 10.récisent quant à eux que c’est parce que « nous vivons dans un monde monotone et effrayant […] que le détruire se doit d’être jouissif [13] ». Cette violence, festive pour autant qu’elle soit politique, s’insère dans un imaginaire en phase avec des films comme La Haine et Ma 6-T va crackquer et des chansons de Bérurier Noir, groupe anarcho-punk français des années quatre-vingt particulièrement prisé par les participants des Black Blocs.

Les Black Blocs attirent bien sûr des lots d’individus qui ne pensent leur engagement politique qu’en termes de violence, de manifestations et d’organisation de manifestations. D’autres considèrent toutefois qu’il ne faut pas croire que « la manif est un truc politique suprême, ni que la casse signifie nécessairement être radical [14] », se désolant même qu’il y une vision « dogmatique qui considère que la violence est la seule et unique moyen de mener la lutte [15] ». Pour ceux-là, la manifestation et l’émeute rituelle ne sont pas un prélude au grand soir [16] , mais plutôt des micro-révolutions qui permettent de libérer l’espace (la rue) et le temps (quelques heures) nécessaires pour vivre une expérience politique forte en dehors des normes établies par l’État et le capitalisme. « Je rêve d’un monde sans violence », dira un participant à plusieurs Black Blocs, « mais le monde dans lequel je vis actuellement est violent et […] je considère donc qu’il est légitime pour moi d’utiliser la force pour ne pas laisser le monopole de la violence à l’État [17] ». L’action directe doit permettre de sortir d’un rôle de victime passive, changer la façon de penser le rapport à la ville, à la propriété et à la politique, mais l’engagement ne doit pas se limiter à la participation ponctuelle à des manifestations et c’est pour cela que plusieurs participants aux Black Blocs poursuivent un travail militant au quotidien.


Politique de la critique : Black Blocs et mouvement « antimondialisation »


Ce portrait trop rapide des Black Blocs aura permis de faire comprendre la nature partiale et partielle des attaques verbales menées contre les Black Blocs et leurs alliés aussi bien par les politiciens officiels et les journalistes que par plusieurs porte-parole de la frange réformiste du mouvement « antimondialisation ». Ces critiques laissent entendre que les Black Blocs sont tout sauf des lieux où s’incarnent la démocratie directe, la liberté et l’égalité et que ceux et celles qui ont recours à la force sont souvent riches d’une expérience militante qui les a conduit à penser l’action directe violente comme légitime dans le contexte présent. Il est bien sûr possible d’être en désaccord avec les Black Blocs et leurs alliés, mais affirmer publiquement qu’« [i]ls n’expriment pas une opinion » (comme le dira en marge du sommet du G8 à Gênes le Premier ministre belge et président de l’Union européenne [18]] ) relève au mieux de l’ignorance, au pire du mensonge. Les Black Blocs sont aussi dépeints comme des « barbares » et des « casseurs nihilistes » (Bernard-Henry Lévy [19] ) ou même comme des alliés objectifs des terroristes islamistes (Alain-Gérard Slama, dans le Figaro-Magazine [20] ). Les grands médias et les agences de presses se font le relais de cette campagne de dénigrement et se permettent même de condamner explicitement ces « casseurs qui discréditent régulièrement les manifestations contre la mondialisation [21] » et qui constituent un « véritable cancer du mouvement [22] », comme l’écrit un journaliste de l’Agence France Presse. Enfin, Susan George d’Attac et de Greenpeace-France, concède que les Black Blocs et leurs alliés ont permis au mouvement d’obtenir une plus grande visibilité médiatique mais se désole qu’« à la dernière minute, arrivent des gens qui n’ont pas participé à la préparation [des manifestations] et se mettent à faire n’importe quoi. Cette attitude [est] profondément antidémocratique [23] ». Ces critiques des porte-parole réformistes à l’endroit des Black Blocs et de leurs alliés ont deux conséquences déplorables pour le mouvement : elles encouragent la répression policière ; elles tendent à atténuer l’ampleur du mouvement, puisque les « casseurs » sont présentés comme des électrons fous sans conviction politique.

1. La répression : l’unanimité entre les porte-parole réformistes, les intellectuels de droite, les médias et les politiciens officiels facilite le resserrement de l’étau légal et répressif sur les Black Blocs et leurs alliés. Que les policiers et les divers services secrets répliquent par la répression et la violence à la force des Black Blocs et de leurs alliés est dans l’ordre des choses, mais la violence policière est sans commune mesure avec celle des manifestants et il n’est pas exagéré de parler d’« émeute policière [24] » dans plusieurs cas de manifestations contre la mondialisation du capitalisme. Enfin, le « Groupe Terrorisme » du Conseil de l’Union européenne a décidé le 13 février 2001 que les « actes de violence et de vandalisme criminel commis par des groupes extrémistes radicaux » lors des manifestations contre la mondialisation du capitalisme devraient être considérés « comme infractions à l’article premier de la décision-cadre relative à la lutte contre le terrorisme [25] ». L’ampleur des attaques légales et physiques contre les Black Blocs et leurs alliés s’explique par les théories sociologiques qui indiquent que les policiers seront d’autant plus violents qu’ils savent que les citoyens auxquels ils font face sont marginalisés et n’ont pas d’alliés de poids, que ces manifestants aient recours à la force ou non [26] . Bref, les critiques des porte-parole réformistes s’inscrivent dans un discours qui favorise la répression policière et encourage l’« opinion publique » à exiger de la police une approche brutale et répressive à l’égard des « jeunes casseurs anarchistes ». Les porte-parole réformistes condamnent bien sûr la violence policière mais aussi et toujours celle des Black Blocs et autres « anarchistes », indiquant aux policiers que ces « extrémistes » sont isolés et que tout le monde se réjouira s’ils sont enfin neutralisés.

2. Minimiser le mouvement : à première vue, les porte-parole des réformistes se dissocient pour des raisons morales des « casseurs » qu’ils pourraient pourtant considérer comme leurs alliés politiques. Susan George elle-même propose toutefois de penser la violence politique « en dehors de toute question morale [27] ». L’attitude politique des dirigeants de groupes réformistes à l’égard des militants ayant recours à la force est influencée par la structure politique dans laquelle ces dirigeants ont choisi de s’engager : ils cherchent à adapter leurs pratiques et les discours en fonction de canaux de communication, de réseaux d’influence et de modalités financement dont les normes d’inclusion et d’exclusion sont définies par l’État [28] . Pour préserver leur respectabilité aux yeux de l’État, les porte-parole réformistes savent qu’ils doivent se distancer publiquement des Black Blocs et de leurs alliés. Les politiciens officiels expriment d’ailleurs très clairement cette exigence : « Je veux entendre les responsables de tous les mouvements et partis démocratiques, partout dans le monde, prendre leurs distances avec les casseurs [29] », déclara ainsi suite au Sommet du G8 à Gênes (juillet 2001) le premier ministre belge et président de l’Union européenne. L’élite de certains groupes politiques sait aussi qu’elle ne peut respecter l’autonomie de chaque participant et la diversité des tactiques à ses défilés et elle impose donc une discipline stricte grâce à un service d’ordre musclé [30] . L’État sait une fois de plus distribuer les félicitations. Lors du Sommet des Amériques à Québec (avril 2001), le Premier ministre du Canada distingua les manifestants qui avaient eu recours à la force de ceux et celles qui avaient défilé pacifiquement loin du périmètre de sécurité dans la Marche des peuples et il n’hésita pas à « remercier la FTQ [syndicat de la Fédération des travailleurs du Québec], qui avait ses propres gardes de sécurité » encadrant cette marche [31] . Les porte-parole de la Marche des peuples ne s’étaient pas contentés d’imposer un service d’ordre, ils critiquèrent aussi les milliers de manifestants qui très loin de leur défilé avaient décidé de s’en prendre au périmètre de sécurité, la porte-parole Françoise David disant ainsi « non à cette violence » orchestrée selon elle par « un très petit groupe » d’individus [32] .

Les porte-parole réformistes font le calcul politique qu’il est plus avantageux pour eux de répéter ce que l’État veut qu’ils disent plutôt que de se déclarer solidaires de ceux et celles qui, dans la rue, se croyaient leurs alliés de lutte [33] . Les dirigeants réformistes ont pourtant d’autres options : ils pourraient se déclarer non-violents mais rappeler que les Black Blocs et leurs alliés font eux aussi partis du mouvement et que leurs actions ont un sens politique. Ils pourraient même « utiliser » les Black Blocs pour faire pression sur les représentants de l’État, en déclarant : « regardez, il y a dans la rue des gens très en colère et vous avez donc intérêt à négocier rapidement avec nous pour calmer le jeu ». Ils ont fait un tout autre choix, au risque de présenter une image tronquée du mouvement et d’encourager la violence et la répression policière. Alors que les réformistes s’inquiètent publiquement que les Black Blocs soient manipulés par la police, il semble que les réformistes se laissent eux aussi manipuler. 

Entre les actions des Black Blocs et les paroles des dirigeants réformistes, il n’est pas évident que ce soient les premières qui nuisent le plus au mouvement.


Qui êtes-vous ?

Règle pour la victoire : n'attaquer qu'après avoir gagné la bataille

L'Art de la guerre - Sun Zi
Ve siècle avant J.-C

Tant d'impacts sur cette toile résonnent aux cris des désespérés qui mériteraient une justice. Tant de pulsations numériques crient ces vérités exposées mais ne resteront que dans ces paquets pour transiter en étant filtrés inlassablement pour arriver sur des écrans où ils finiront explosés en pixels éphémères. Ces flux qui annoncent l'éveil de générations libérés d'une violente réalité resteront-ils sur cette toile ? Le prix est lourd en vie privée pour réaliser l'upload des consciences qui errent en ayant troqués leur réalité pour l'illusion d'une liberté. Combien d'appels aux hommes masqués seront une bouteille à la mer qui n'atteindra même pas le large car beaucoup ont vendus leur âme au diable pour quelques hits sur un compteur ou faire le buzz quelques heures. C'est la chasse dans la matrice, la cyber-guerre pour le gout du risque... Ils parlent tant de changer les choses que le temps ne leur laisse pas autre chose que de parler et commenter. Ils cherchent à savoir qui, quand, comment, mais la question reste éternellement ! Suis-je capable de lâcher ce venin qui coule aujourd'hui dans mes mots ? Celui qui annonce et dénonce, celui qui trahit par mes mots.
Ne cherchez pas il n'est pas là ! Parmi le silence on l'entend sur la fréquence de flux encore inconnus; là tapis dans l'ombre et évitant bien la lumière des buzz, des rumeurs ou encore des projecteurs. Il aiguise sa lame, trace son chemin, chemine parmi les gigaflops et les pétaoctets pour atteindre son but; restant fluide au travers des firewalls et insensible aux traceurs. Sa lame tranche sans résistance car il n'est pas là, il n'existe pas, c'est tantôt un spoof tantôt un hack et pour finir il n'est pas là... enfin.. on ne le sait pas. La seule chose qui ne fait pas de tout ça une légende urbaine est qu'au final il y a Impact ! Alors on sait qu'il était là ! bits après bits on infléchit la direction et la couleur des flux qui amèneront la matrice à rejeter ce venin qui gangrène le cyberespace pour le pourrir en cybercash !

Pendant ce temps dans la matrice certains tricotent en mailles bien serrées les camisoles que tant s'arrachent en croyant êtres aux premières places. Ils ont juste oubliés le sens des phrases telles que "Nous n'oublions pas" ou "Nous ne pardonnons pas" car pour le reste le doute n'existe pas ! Nous sommes là où vous ne regardez pas...

Evey : Qui êtes-vous ?
V : Qui ? « Qui » n'est autre que la forme qui résulte de la fonction de « Qu'est-ce que », et ce que je suis c'est un homme sous un masque.
Evey : Ça, je le vois.
V : De toute évidence. Je ne mets pas en doute ton sens de l'observation, je ne fais que mettre en exergue le paradoxe qui est de demander à un homme masqué qui il est.
Evey : Oh ? D'accord.

(R)Evolution 2.0

À quoi bon ?
Un chemin dans l'obscur qui relâche sans cesse ces flots d'inepties que le monde singe sans cesse en croyant avoir compris le sens d'un combat qui n'a même pas commencé.
À quoi bon ces impacts numériques qui font vibrer la toile pour finir sans un son sous le flux de mastodontes à qui n'importe que des chiffres sur des compteurs ? Tout se résume en chiffres et consciences soulagées d'avoir cliqué frénétiquement sur des boutons colorés pour ajouter son chiffre, intangible et stupide, qui se perdra sans cesse dans une masse stérile de toute initiative.

Créer c'est résister, cliquer c'est bien crever !


C'est le shoot du siècle, la drogue par excellence qui se diffuse violemment à travers les consciences. Surfer, hacker, petitionner... Le tour de la question se perd dans l'ego; le fantasme du bien et la jouissance du mal ont créés ces terrains où chacun prend sa place, une place bien définie. C'est la place de celui qui n'aura rien à dire, rien à faire, et rien à défaire. Tout est dit, tout est là, il suffit de cliquer !

À quoi bon ?
Alors pourquoi le bien, pourquoi le mal ? pourquoi choisir un camp à cotés d'une masse qui n'a plus rien à dire, plus rien à écrire, plus rien à créer ?

Ranges ton arme mon ami, l'horizon nous attend, j’entends d'ici les bits des consciences perdues qui viendront s'écraser au bord de cet horizon qui leur est inaccessible, laissons les et marchons vers notre seul univers où nous créons sans cesse pour défaire et refaire ce que certains prendront pour de la liberté.

Je ne vous salue pas, encore moins que vos maîtres je ne vous envie pas car dans ce Monde libre il n'y a pas de place pour l'esclave ou son maître.

(R)évolution 2.0 | "Hello World !" | "My God it's full of stars !"

rÉvolution 2.0



Source : https://plus.google.com/u/0/103620912815501395863/posts/Snj4QPgqCm1


« La grande révolution dans l'histoire de l'homme, passée, présente et future, est la révolution de ceux qui sont résolus à être libres. »

John Fitzgerald Kennedy

Pronta la versione in lingua italiana del fumetto scritto e disegnato da Marco Gastoni, Nicola Gobbi e Jacopo Frey a St Imier

Pronta la versione in lingua italiana del fumetto scritto e disegnato da Marco Gastoni, Nicola Gobbi e Jacopo Frey a St Imier (vedi precedente articolo) che poi in realtà è il testo originale del fumetto: quindi, se volete tradurre usate questo. Abbiamo preparato questa versione libretto per agevolare la stampa del documento e la successiva distribuzione. Dovreste essere in grado di produrre una versione  originale basata su fogli A3 piegati in mezzo e una versione tascabile basata su A4 piegati in mezzo, entrambe da 16 facciate stampate fronte e retro.
Lasciamo a voi la scelta sui formati e speriamo che il fumetto possa servire a conoscere meglio la storia del nostro movimento e che possa trasmettervi un po’ delle emozioni che abbiamo provato noi a St Imier quest’estate.